Pour Noël, offrez-vous les outils du « soft management » !

    Par le 17 décembre 2012

    « Soft management » ? Ne cherchez pas ce concept sur internet, dans la presse ou dans les ouvrages de management, vous ne le trouverez pas. C’est en écoutant l’émission « Sur les épaules de Darwin » sur France Inter que l’idée de ce billet m’est venue. Il y est fait souvent référence à la capacité intrinsèque que possède chaque individu, chaque être humain à développer son niveau d’écoute, d’attention à l’autre, d’empathie et je me suis interrogée sur les liens qui pouvaient être faits avec la vie professionnelle et en particulier la pratique managériale.

    Pour Noël, offrez-vous les outils du "soft management" !

    Parce que bien-être et performance sont liés…

    Le contexte est morose, le chômage est en hausse (taux à son plus haut niveau depuis 14 ans) touchant particulièrement les plus de 50 ans et contraignant les jeunes générations à un début de carrière dans la précarité… Cet environnement de fin d’année porte peu à l’enthousiasme.

    Pourtant, des indices nous conduisent à conserver un optimisme raisonnable : un accès de plus en plus simple aux informations et à la connaissance, une économie de la coopération en développement (scoops, associations…) et une solidarité entre citoyens qui augmente.

    Alors que dans nos organisations les processus sont des fondements de la vie au travail, les facteurs de qualité de vie, de bien être sont enfin reconnus comme vecteurs de réussite au plan économique : le bien-être collectif, la qualité de l’environnement de travail, la coopération, et la confiance entre collègues favorisent l’innovation et l’initiative bien plus que tout process strictement respecté. Comment le manager peut-il agir sur ce levier ?

    L’empathie est nécessaire

    La compétence d’empathie, utilisée en conscience, se révèle un atout pour le manager du 21eme siècle confronté à une complexité multiple et multidimensionnelle : incertitude, management à distance, management intergénérationnel, mode projet, management transversal…

    Un levier de motivation résiderait dans la capacité de chacun à développer et enrichir au plan individuel son aptitude à entrer en relation avec l’autre de façon authentique.

    Les outils du « soft management » : les images Kawaii

    L’émission faisait référence à la force des images émouvantes pour développer cette empathie. Ce sont des images de bébés, d’animaux (des chiots, des chatons…) dont l’aspect mignon et vulnérable déclencherait instantanément chez l’adulte une « alerte empathie ». Face à ces images, et de façon innée, l’adulte serait amené à vouloir encourager, protéger, bref dépasser ses propres besoins pour prendre en considération les besoins d’autrui.

    Les chercheurs Japonais ont nommé ces images : les images Kawaii

    Les chercheurs Japonais ont nommé ces images : les images Kawaii.

     

    De bonnes raisons pour les utiliser

    Finalement, en dehors de la classique obtention de résultats, où réside la valeur ajoutée du manager ? Elle se concrétise dans sa capacité à s’intéresser à ses collaborateurs de façon authentique, à développer leurs compétences en les encourageant. Elle trouve sa légitimité dans l’accompagnement des collaborateurs pour leur permettre d’aller de l’avant, de prendre des risques. Elle intègre le droit à l’erreur comme vecteur de progression et d’apprentissage et terreau favorable pour l’innovation. C’est une compétence à la fois rassurante et structurante.

    C’est pourquoi, je vous invite à pratiquer le « soft management ». Cela part d’abord de vous-même : en vous réservant dans vos semaines actives, opérationnelles et chargées un moment pour vous reconnecter avec vos émotions, les ressentir, c’est-à-dire les sentir à l’intérieur de soi.

    Ainsi, vous travaillerez à développer cette sensibilité propre à l’être humain qui permet de sortir des stéréotypes, des idées pré conçues, et de porter un réel intérêt à ses collaborateurs en se questionnant sur la qualité de la relation conduite avec chaque collaborateur.

    C’est bientôt Noël…

    Alors, si vous manquez d’idées de cadeaux, à côté des tablettes et autres outils technologiques, pourquoi ne pas vous faire offrir un de ces calendriers à poser sur votre bureau ?

    En ayant sous les yeux ces fameuses images Kawaii, vous serez incités à interroger régulièrement vos pratiques managériales et peut être vous interroger aussi sur l’importance de la  qualité de la relation humaine, de l’attention portée à l’autre que vous êtes en mesure de déployer. Cerise sur le gâteau : vous augmenterez vos propres capacités de concentration et de productivité.

    Ces quelques secondes passées à contempler les images Kawaii renforceront sans aucun doute vos talents à développer le « soft management » pour plus d’efficacité collective.

    Joyeux noël !

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    Carole Bianchi Il y a 5 années

    Bonjour,
    Merci pour ce billet ouvrant une nouvelle voie aux managers en cette période de noël et de fin du monde repoussée.
    En effet, il est temps de penser à une nouvelle voie, une nouvelle voie pour manager les hommes, une nouvelles voie pour piloter l’économie, une nouvelle voie plus solidaire pour réinventer les relations sociales, une nouvelle voie pour sortir de l’accumulation inutile de biens qui nous encombrent.
    Je sais la période est morose, dans les entreprises il faut être rentable, marger, compter les heures les minutes passées sur chaque dossier, rendre des comptes, la peur s’installe surtout chez les cadres, habitués depuis toujours à faire au mieux, s’investissant dans leur travail, mais de moins en moins reconnus, de plus en plus seuls au fond… et les suicides apparaissent.
    Que faire alors… imprimer ces images que vous nous proposez, les afficher en grand dans les bureaux de nos dirigeants… et espérer qu’enfin l’on comprenne qu’il est temps de changer de modèle tant dans les entreprises que dans nos sociétés…
    Finalement, ne jamais oublier que la banquise fond plus vite que ce que les scientifiques l’ont prévu…
    joyeux noël à tous;

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    ludovic Il y a 5 années

    Entierement d ‘accord avec cet article.
    J’essaie d’ailleurs d’appliquer cette « méthode » depuis que je suis manager. Par contre le risque est de devenir trop proche et de ne pas savoir mettre quand il faut des barrières et dire stop.

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    @carole

    @carole Il y a 5 années

    Merci de ce commentaire, en effet cette méthode qui invite à se srecentrer sur ses émotions et à développer ses compétences d’empathie est un des leviers utiles à la fois au manager ( se recentrer, prendre du recul, mettre à distance, analyser les situations) et au collaborateur qui beneficiera lorsque necessaire,d’une écoute authentique de la part de son manager.Dans des situations relationnelles tendues, utiliser cette approche « soft management » est une chance pour trouver ensemble des solutions, exprimer ce que l’on ressent

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    @ludovic

    @ludovic Il y a 5 années

    Merci Ludovic, la possibilité de mettre les barrières va en fait s’anticiper au travers de la définition par le manager de ce qui est de l’ordre du « négociable » et qui implique de la souplesse et de l’ordre du non « negociable  » qui implique de la rigueur.
    En fonction de votre environnement professionnel le négociable et le non négociable sont différents, Le non négociable porte sur le respect des règles ( mode de communication, ponctualité, temps de présence, réactivité aux mails…) liés aux habitudes de fonctionnement de votre organisation dans son ensemble et qui sont facteurs d’integration.
    Le négociable est plus facile à mettre en oeuvre directement entre vous et votre équipe : modes de fonctionnement, style relationnel, codes, c’est la marge de manoeuvre dont vous disposez

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    Nathalie Il y a 5 années

    Ces réflexions sont passionnantes et m’incitent a creuser plus:
    Notions d’empathie, notion de développement des compétences, et aussi comment naviguer entre une relation plus proche et compréhensive et en même temps, la nécessité de maintenir une certaine « autorité » ? A moins que la notion d’autorité ne soit désuète aujourd’hui ?
    Peut être trouverais je certains élément de réponse dans le livre que vous indiquez.
    Merci à vous

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    @Nathalie

    @Nathalie Il y a 5 années

    Je comprends bien Nathalie cette interrogation sur l’équilibre entre proximité et autorité,peut être pouvons-nous assurer une autorté managériale sur notre expertise métier alliée à notre compétence relationnelle et à notre ca

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    @Nathalie

    @Nathalie Il y a 5 années

    …capacité à maitriser nos émotions pour les analyser, prendre du recul et ne pas confondre autorité necessaire ( qui permet de mettre les limites, de clarifier les règles de vie en commun ) et autoritarisme qui entraine soit soumission stratégique chez les collaborateurs ( je ne dis rien mais n’en pense pas moins et agis en conséquence) soit resistances et freins au bon développement de l’activité
    Bien à vous

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    nathalie Il y a 5 années

    Je vous remercie pour votre reponse.
    Dans l’attente de lire le livre commandé,
    Peut etre demarerais je ma journée de travail, et rentrée, demain par une tasse de thé a déguster lentement, et non par le café tres serré habituel…
    Bien cordialement

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    Christine Vidaud Il y a 5 années

    Bonjour,

    Merci pour ce billet qui fait chez moi résonner la notion de sens qui, je pense, est une composante importante de la fonction managériale, tant pour le manager lui-même que pour son équipe.
    Ci-joint un lien vers une conférence intéressante sur le Sens du travail, le bonheur et la motivation d’André Comte-Sponville, philosophe plus que manager peut-être, mais qui nous propose de réfléchir et d’élargir le champ de notre regard.

    http://www.youtube.com/watch?v=TBuRaS1L6aI
    « La civilisation des loisirs, le chômage de longue durée et les 35 heures ont changé notre rapport au travail. Il est toujours nécessaire ; il a cessé de valoir absolument, surtout pour les plus jeunes. C’est un problème pour les managers.

    Mais ce peut être aussi un progrès, un retour aux sources et un défi.
    Le travail n’est pas un devoir. C’est pourquoi il a un prix.
    Il n’est pas une fin en soi. C’est pourquoi il doit avoir un sens.
    L’homme est un être de désir, et nul ne désire le travail pour lui-même : on ne désire le travail que pour le bonheur qu’on y trouve ou qu’il permet.

    Comment, sur cette base, motiver ses salariés et ses clients ? Comment se motiver soi-même ? Comment souder une équipe ? La réflexion sur le bonheur débouche ici sur une philosophie de l’action et du management »

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