Le théorème des singes

Par le 30 mai 2013

Présenté comme la description d’une expérience scientifique, ce théorème montre la force du conditionnement dans le temps, indépendamment des conditions de départ. Ainsi, une vingtaine de chimpanzés sont isolés dans une pièce où est accrochée au plafond une banane, et seule une échelle permet d’y accéder. La pièce est également dotée d’un système qui permet de faire couler de l’eau glacée dans la pièce dès qu’un singe tente d’escalader l’échelle.

Une douche froide associée à l’escalade de l’échelle : voilà le conditionnement

singe-family

Les chimpanzés l’apprennent très rapidement, à la fois en regardant leurs congénères mais également en tentant eux-mêmes l’escalade : le système de sprinklers arrose toute la pièce.

Si l’apprentissage ne se fait pas toujours par expérience individuelle, il se fait très vite par les réactions du groupe : il suffit d’observer qu’un seul tente l’expérience et les plus vifs se précipitent sur lui pour l’empêcher que tous ne subissent la douche froide.

Immédiatement après que l’apprentissage soit acquis, le système d’aspersion d’eau glacée est désactivé. Les chimpanzés conservent l’expérience acquise et ne tentent pas d’approcher de l’échelle.

Bien que ne craignant plus d’être aspergés, les chimpanzés ont consolidé un comportement interdit. Le conditionnement, qui est toujours une association « stimulus-réponse » est passé de « escalade-douche froide » à « escalade-châtiment corporel ».

On change ainsi de registre, le conditionnement devient social. Plus exactement, il devient « culturel » dans le sens où il s’agit d’un comportement porté par une population donnée et qui va se perpétrer dans le temps alors qu’il ne repose pas/plus sur aucune donnée extérieure. La preuve va nous en être fournie avec la suite de l’expérience.

Un des singes est alors remplacé par un nouveau. Lorsque ce dernier tente d’attraper la banane en gravissant l’échelle, les autres singes l’agressent violemment et le repoussent. Lorsqu’un second chimpanzé est remplacé, lui aussi se fait agresser en tentant d’escalader l’échelle, y compris par le premier singe remplaçant.

Nul ne doit transgresser la règle apprise ! Ainsi, l’expérience est poursuivie jusqu’à ce que la totalité des premiers chimpanzés qui avaient effectivement eu à subir les douches froides soient tous remplacés. Pourtant, les singes ne tentent plus d’escalader l’échelle pour atteindre la banane. Et si l’un d’entre eux s’y essaye néanmoins, il est puni par les autres, sans savoir pourquoi cela est interdit (puisque n’ayant jamais subi de douche glacée). On dit même que, généralement, le plus virulent des singes est celui qui, dernier entré, vient juste de se faire houspiller.

Quel enseignement ?

Tout d’abord, il faut dire que cette expérience, quoique très plausible, n’a encore jamais été réalisée. Ce qui la rend vraisemblable, c’est qu’elle paraît logique, réalisable et qu’elle correspond bien à ce que l’on peut imaginer des comportements individuels et de groupe.

Elle est cohérente avec les observations issues des expériences sur le conditionnement, menées depuis longtemps à partir des premières relatées par Pavlov sur les chiens.

Ensuite, il est naturel que chaque organisme privilégie les comportements facilitant sa survie et évite ceux menaçant son intégrité.

Ce qui devient stupéfiant, c’est le moment où le groupe ayant appris le conditionnement le transforme en règle alors que ce conditionnement ne le justifie plus.

Les conditions changent et les règles demeurent

Prenons un exemple plus « proche ». Les évolutions technologiques sont telles que le travail sur ordinateur est partout présent sur de nombreux postes de travail. Beaucoup de salariés effectuent une grande partie de leur travail à partir des informations présentes à l’écran, que ce soit à partir de logiciels de traitement de l’information, des calculateurs, des tableurs, des logiciels de recueil et de transmission d’informations.

Un extraterrestre débarquant aujourd’hui sur terre s’étonnerait de voir que des milliers de personnes se déplacent tous les jours et dépensent beaucoup d’énergie et d’argent pour se rendre devant un écran pour y travailler. Pourquoi ne pourraient-elles pas faire la même chose chez elles ? Seraient-elles moins efficaces si elles restaient sur leur lieu de vie ?

Certes, on touche là à d’autres facteurs comme la cohésion d’équipe, la facilité de communication entre services, la gestion des imprévus, etc… mais il reste toutefois la force d’inertie de nos croyances, de notre histoire, du contrôle des comportements, du pouvoir, etc.

Cela ne vaut-il pas la peine, grâce à un œil extérieur, de se pencher sur nos habitudes ?

N’a-t-on pas, avec ce théorème des singes, une autre vision du phénomène dit de « résistance au changement » ?

Au final, l’auteur, par cette expérience pas aussi « unique », laissant ses inouïs babouins, offre une narration déconcertante de nos conditionnements.

Et vous, quelles curieuses habitudes collectives avez-vous déjà constatées ?

 

Pour aller plus loin :

Formation : Renforcer la performance collective de son équipe

Formation : Management à distance réussir le défi

Formation : Développer une communication efficace avec son équipe et sa hierarchie

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Un Oeil Il y a 3 années

Si je comprends bien, vous vous appuyez sur une expérience scientifique qui n’existe pas et dont vous imaginez le déroulement et l’issue ? Curieuse façon de faire, non ?

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Jacques Isoré

Jacques Il y a 3 années

Bonjour Un Œil. Je trouve votre réaction très rapide, après quelques minutes seulement de mise en ligne, très pertinente et très intéressante. Cette expérience a été relatée par différents auteurs, vous en trouverez une version sur Wikipédia à « Théorème du singe ». Je préfère parler des singes au pluriel pour insister sur le conformisme du groupe et pour éviter également l’expression du singe qui est, dans un langage désuet, le nom donné au patron.
Cette expérience n’existant pas nous appartient à tous ! C’est justement en cela qu’elle est intéressante car elle nous renvoie en miroir des tendances comportementales collectives pas très brillantes. Et c’est bien cela qui nous fait réagir…
Comme vous, je suppose, je rêve de connaître un jour une équipe de chercheurs prêts à vérifier si l’expérience est plausible, combien de temps dure le conditionnement, s’il perdure en-dehors de la pression du groupe, etc.
L’appel est lancé !

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Un Oeil Il y a 3 années

En effet, on n’a envie de dire qu’une chose : qu’attendent les scientifiques pour faire l’expérience ! :)
Si cela vous intéresse, j’avais écrit quelque chose sur la dynamique de groupe à partir d’une expérience réalisée (pour de vrai) sur des rats, et qui donnait des enseignements sur la soumission et l’organisation du travail : http://unoeil.wordpress.com/2012/02/17/dynamique-de-groupe/
A la fin de mon article se trouve la vidéo intégrale de l’expérience (il faut avoir le temps : elle dure près d’une heure !), que je trouve passionnante (je vous laisse le soin de voir si ses conclusions s’appliquent au management !).

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ivan gorbatko Il y a 3 années

Bonjour,
« Un théorème est une proposition qui peut être mathématiquement démontrée, c’est-à-dire une assertion qui peut être établie comme vraie au travers d’un raisonnement logique construit à partir d’axiomes. » (Wiki)
….donc nul besoin de tenter l’expérience pour démontrer la véracité du conformisme du groupe…il n’est qu’a observer le comportement des supporters de clubs de football. »une foule est une soustraction de cerveaux » !

Le plus difficile concernant nos comportement serait de retrouver l’origine de ceux-ci, notamment en matière de superstitions, pourquoi certains lancent ils du sel au dessus de leur épaule lorsqu’une salière est renversée sur une table ?, pensent qu’une patte coupée de lapin porte chance etc

Quand à notre visiteur d’une autre planète nous pouvons sans aucun doute lui expliquer que nous préférons séparer les lieux dans lesquels nous pratiquons nos activités, en effet nous ne nous lavons pas en générale aux même endroits que ceux dans lesquels nous nettoyons notre vaisselles, nos vêtements.
nous ne dormons pas là ou nous mangeons, et ceux qui pratiquent le travail à domicile tentent après une période d’essai à revenir à un mode de séparation des lieux d’action.

Sont ce pour autant des habitudes ?, cela correspond il à un mode de fonctionnement profond ?
archaïque ?, les singes se transmettent une consigne qui au début tenait à distance un danger qui menaçait la sécurité du groupe…..et nous les hommes alors ? si un individu au milieu d’une foule se mets à courir, il y à de grande chance que tous courent aussi pour échapper à un danger qu’ils n’ont même pas identifié.
Cela n’a pas la même importance en terme de fonctionnement que « la cigarette d’après café »

Bravo pour vos articles

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Jacques Isoré

Jacques Il y a 3 années

@Un Œil. Je vais prendre le temps d’y jeter un œil. Non, promis, j’y mettrai les deux !
@Ivan. Merci Ivan pour votre contribution. Jusqu’à dire que la foule est une soustraction de cerveaux, c’est osé ! Je n’irais pas jusque là. Par contre, bien vu pour les comportements dits superstitieux comme le sel par-dessus l’épaule ou encore le chat noir ou ne pas passer sous une échelle…
Pour revenir à des considérations managériales, il est toujours intéressant pour un manager d’avoir un œil extérieur, même innocent ou naïf, comme celui d’un jeune en stage ou en apprentissage car, avec ses questions justement « naïves », il nous interpelle sur nos comportements et nos modes de fonctionnement.

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sophie Il y a 3 années

Pour ma part, sous l’angle des considérations managériales, ce qui m’intéresserait de connaître au travers de l’expérience, si elle était réalisée, c’est d’observer la recherche d’alternatives comme celle de la courte échelle, ou de la pyramide de singes, permettant au moins à l’un d’entre eux d’atteindre le graal. Mais c’est une autre histoire.

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Jacques Isoré

Jacques Il y a 3 années

@Sophie. Oui, cela serait surement intéressant d’avoir une étude sur la créativité des singes mais c’est effectivement une autre histoire !

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Mohammed Ali Anouar Rguibi Il y a 3 années

C’est bien vrais :
avoir un extérieur avec toutes les visions ou bien entendre toutes les questions innocents ou idée naïve nous mènent à une introduction même si ce n’est un résulta final mais aide à avoir des idées et des approches complémentaires

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Maddy Il y a 3 années

Vrai ou fausse expérience je retrouve écho dans les pratiques de mon entreprise. Pas plus tard qu’hier on m’a dit que j’étais un OVNI (remarquez le lien avec les autres interventions !!). Pourquoi ? J’ose dire non à la Direction fasse à des propositions de promotions… et la direction revient quand même vers moi… Mes collègues manager s’en « décroche » la machoire ! Dans le passé, des personnes avez osé dire non, mais se sont vite trouvées au placard. Après deux ou trois exemples identiques plus personne n’avait « tenter l’expèrience ». Venant d’une autre entreprise ou le non était tout à fait compris, je n’avais pas ce conditionnement… Il faut s’avoir garder son intégrité professionnel, je préfère être un OVNI plutôt qu’un singe…

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Jacques Isoré

Jacques Il y a 3 années

@Mohammed Ali Anouar Rguibi. Merci pour votre contribution qui ressemble à un vécu, non ?

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Jacques Isoré

Jacques Il y a 3 années

@Maddy, merci pour ce témoignage fort intéressant. Bienvenue au club des extraterrestres qui, comme tous les extraterrestres, risquent leur vie !
J’imagine, que, comme on dit en formation, vous avez appris à dire non à la demande tout en respectant les personnes (votre direction et vous-même). Cette intégrité vous honore et vous met en position d’acteur du changement, rôle délicat mais ô combien gratifiant car il autorise les autres à dire non également. Bon courage pour la suite !

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Christiane Il y a 3 années

Bonjour,
Cela me fait penser à ces villages où les voisins se détestent de génération en génération, sans savoir pourquoi. Le positif, c’est qu’il y a quand même une sorte de solidarité, une protection dans un groupe. Si vous en sortez, tant pis pour vous !
Le travail chez soi devant son ordinateur ? D’accord, pas de transport, mais bonjour la déprime ! On a tous besoin de contact avec les autres, de sortir de chez soi pour voir …. et quel plaisir de rentrer !
Il faut la collectivité (50 %) et l’isolement (50 %). Surtout, bien choisir son groupe et s’isoler de temps en temps dans un bel environnement.
Merci pour tes singes plus vrais que nature, on s’y serait cru.

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Jacques Isoré

Jacques Il y a 3 années

@Merci Christiane. On peut même se conditionner ensemble à haïr les autres ! ça fait froid dans le dos.

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Xavier Il y a 3 années

Bonsoir, bravo pour cette chronique qui relate et analyse cette experience virtuelle dont les conclusions se verifient effectivement tous les jours dans la vraie vie.
L’instinct de protection du groupe qui amène à punir par anticipation celui qui souhaite tenter sa chance ne me surprend pas. La peur est un moteur primaire et puissant. La peur de la douleur est souvent plus incommodante ou douloureuse que la douleur elle-même. En tous cas, elle décuple cette dernière.
Ceci peut expliquer que nos nouveaux singes ne veuillent pas tenter l’expérience par peur de la douleur racontée et transmise ( ici la sensation désagréable de l’eau glacée ) plus que pour une douleur qu’il n’ont pas connue.
Donc la logique de « transmission » n’a pas que des vertues puisqu’elle économise l’expérience personnelle et empêche la réalité d’apparaître telle qu’elle est : surprenante, exaltante et révélatrice de nos capacités. Aujourd’hui la réalité tue moins que dans le règne animal, par conséquent se soumettre au dictate du groupe, se conformer, c’est s’interdire d’évoluer.
Lorsqu’on est conforme, parfaitement adapté, et respectueux des règles et usages, on n’évolue pas soi-même, et pire, on ne fait pas évoluer le système dans lequel on vit.
Or, dans la nature, ce qui n’évolue pas est destiné à disparaître.
En clair, ce sont les inadaptés, les rebelles, les aventuriers, les « risque-tout » qui assurent la survie de notre espèce, son évolution et son adaptation indispensable à sa pérennité.
Donc, comme nos singes qui cèdent par conformisme, pression du groupe – et un peu parce que se prendre des coups est tout de meme désagréable :-) – , celui qui reproduit les usages sans en comprendre le contexte originel (qui a probablement évolué) et qui se range derrière le plus grand nombre, celui-ci ne sert à rien.
Explorons de nouveaux horizons, apprenons à ne plus avoir peur, résistons à la tentation de la sécurité au détriment de la liberté. Les deux sont indispensables et non exclusive l’une de l’autre.
Soyons des singes sages et non peureux :-)

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Jacques Isoré

Jacques Il y a 3 années

@Xavier. Celui qui ne fait que se conformer aux règles du groupe n’évolue pas, certes. Mais celui qui ne serait que « rebelle, aventurier et risque-tout » se prépare un avenir difficile. Comment concilier sécurité et liberté ? Le problème est bien posé. Il nous faut sûrement un peu des deux. Etre curieux, vigilant, ne pas se laisser endormir pour aiguiser son jugement et garder son libre arbitre, oser quand l’opportunité est intéressante mais aussi se conformer pour maintenir la paix, voilà d’autres pistes de réflexion, merci Xavier.

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Muriel Jouas Il y a 3 années

Coucou Jacques
j’utilise cette expérience dans les stages… elle explique bien le biais de conformisme ou de soumission sociale… et en bon « rebelle » dans le modèle Process Com, dès qu’un truc officiel est « interdit » par la culture, les usages… j’essaye de trouver un moyen non officiel d’atteindre « la banane »…
– secouer la cage
– monter sur les potes
– faire la courte échelle
– faire semblant que la banane est pourrie et ne nous intéresse pas et organiser un jeu fun avec les copains pour faire déprimer l’ingénieur qui nous observe (et ne surtout pas lui montrer ce que nous faisons pour bien l’agacer !!!)… bref les idées ne manquent pas… mais encore faut il qu’il y ait un groupe et un « esprit » de groupe pour la jouer collectif … et cohésion !
Un bisou pour Jacques !

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Jacques Isoré

Jacques Il y a 3 années

Bravo pour ta créativité Muriel ! Merci de nous démontrer que tu es prête à tout pour « la banane » et bisous également !

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Paul Siboun Il y a 3 années

Bonjour Jacques,

En astrologie chinoise, je suis singe et je dois te dire que jamais, au grand jamais, mes Parents ne m’ont parlé de ce théorème !
Il est vrai, j’ai toujours été nul en maths…

Cependant et, alors que j’adore les bananes, je ne suis pas fou. Et jamais, je ne me risquerais à tenter de récupérer ce fruit. A mon sens, jamais personne -que dis-je personne- jamais aucun chimpanzé n’aurait pu avoir cette banane…

Tu imagines que l’un d’eux y parvienne ? Mais ce serait aussitôt la guerre ! Il se ferait immédiatement lynché par ses 19 congénères… Alors qu’en dis-tu ?
Jacques, j’ai l’impression que tu viens de prendre toi-même une douche froide. Alors, tiens ! Prends cette serviette et essuie-toi. Tu gouttes de partout…

Cela étant dit, mon cher Jacques, il faut que tu saches que j’ai une profonde admiration pour toi, oui !
J’ai même envie de te te tirer un grand coup de chapeau.
Qui d’autre que toi peut arriver à ce tour de force ? En effet, d’une expérience qui n’existe même pas, tu parviens à en faire un article, SUPER ! ! !

Tu es un véritable Magicien de l’écriture.
Et je ne suis pas le seul à le penser. As-tu vu le nombre de remarques et de commentaires que cela suscite ? Et ce n’est qu’un début…

Aussi, je te prie au nom de tous tes lecteurs, de tous tes followers, de poursuivre cette lourde tâche dont tu t’acquittes avec les Honneurs.

Bravo pour ta créativité, Jacques et MERCI ! Et à bientôt pour ton prochain article.

Et je signe / ton Ami Paul

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Jacques Isoré

Jacques Il y a 3 années

Merci Paul pour ce feed-back. Cet enthousiasme me va droit au cœur, il me faut donc continuer sans non plus tomber dans la folie. Juste garder un petit « grain » car, comme disait Pierre Dac,  » il faut préserver les gens fêlés car ils laissent passer la lumière « . Bonne continuation.

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Nostra Il y a 3 années

Vous pouvez cependant remplacer les singes par le parti socialiste en France ou l’UMP et remplacer la banane par une idée qui ferait avancer le pays ou un embryon d’idée également et votre transfert fonctionne très bien… votre observation était bonne

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Nostra Il y a 3 années

Vous pouvez cependant remplacer les singes par le parti socialiste en France ou l’UMP et remplacer la banane par une idée qui ferait avancer le pays ou un embryon d’idée également et votre transfert fonctionne très bien… votre observation était excellente

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Nostra Il y a 3 années

Ah oui je suis Singe également, mais je me soigne

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Jacques Isoré

Jacques Il y a 3 années

@Nostra. Merci pour votre apport. Mon signe astrologique chinois est la chèvre. Est-ce que ce conditionnement marcherait aussi pour la chèvre ou le mouton ?
Pour revenir au titre de ce blog, le management, comment ferait un manager qui constate un tel conditionnement de groupe ?
Un « incentive » ? Un autre conditionnement pour supprimer le conformisme paralysant ? De nouvelles procédures assorties d’une réorganisation ? Un lecteur veut-il bien tenter une proposition ?

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FANFAN Il y a 3 années

Coucou mon cher Jack.
Si j’en crois Yves Coppens (et autres anthropologues avisés) l’homme descend du singe… et seul 1% de notre code génétique nous différencierait des primates ! C’est dire à quel point les uns comme les autres seraient (peut-être) bien avisés de faire gaffe en montant à une échelle… mais de là à ne plus y monter du tout…… d’autant que le bénéfice de la banane est peut-être largement supérieur à l’inconfort de la douche froide ?
Dans l’histoire du singe, s’agit-il d’un manque de courage ou de curiosité, de la peur du châtiment de ses pairs, de conformisme, d’obéïssance (ou de soumission) au groupe…. ou encore du souci de protéger ses congénères des effets éventuellement délétères d’une conduite imprudente ?
Les singes du théorème auraient-ils le sens de la responsabilité collective et seraient-ils tétanisés par les risques qu’ils feraient prendre à leurs semblables « en osant » ?
Tu sais, cette « vraie-fausse » expérience me rappelle l’histoire des pneus que l’on racontait lorsqu’on animait les stages de Cercles de qualités, tu te souviens ?
Vaste débat qui mériterait un exercice de créativité : Comment aller chercher la banane, sans exposer le groupe et avant qu’elle ne pourrisse… Puis comment faire en sorte qu’elle puisse nourrir le maximum d’individus (ou a minima les 2 capables, en cas de catastrophe, de perpétuer l’espèce pour éviter son extinction) ?… et qui les désignera et en vertu de quoi ?
Oh la la mon cher Jack, tu as ouvert la boîte de pandore !
Je t’aime quand même.
Fanfan.

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Jacques Isoré

Jacques Il y a 3 années

@Fanfan. Merci pour toutes ces questions posées. Elles sont toutes très pertinentes, touchant à la fois le conformisme, la solidarité, la soumission, le conditionnement, le courage, la peur, etc… Vaste programme en effet. Je rajouterais à cette longue liste la facilité de se rallier à une idée toute faite car cela me fait penser à une anecdote : savez-vous pourquoi les manches des vestes d’homme comptent-elles toutes des boutons apparents, généralement 4, à l’arrière de l

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Jacques Isoré

Jacques Il y a 3 années

@Fanfan. Merci pour ces apports avec ces moultes questions touchant à la fois au conformisme, la soumission, la solidarité, le courage, la peur, etc… autant de sujets vastes en effet ! A tout cela, pourquoi ne pas rajouter la facilité de se rallier à une idée commune et cela me fait penser à l’anecdote suivante : Savez-vous pourquoi toutes les manches des vestes d’homme finissent par une série de boutons apparents, en général au nombre de 4, à l’arrière de la manche ? Selon l’historien de la mode M. Poiret, Napoléon avait fait confectionner des uniformes avec des séries de bouton pour éviter que ses soldats ne s’essuient le nez et pour donner de l’allure à ces uniformes. Petit à petit, ces rangées de boutons se sont transformées pour finir par ces quatre malheureux boutons… Info ou intox ? Voilà en tout cas l’exemple d’un signe humain qui perdure et qui n’a plus aucune justification sérieuse. Tiens, comme c’est curieux : signe et singe sont des anagrammes !
Grosses bises à Fanfan.

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Margaux Il y a 3 années

Merci pour cet article.
J’avais déjà lu cette histoire dans le livre “Free your employees and let them lead your business to higher productivity, profits and growth” de Isaac Getz et Brian M. Carney
L’auteur (j’utilise ici le mot pour indiquer les deux auteurs) indique à juste titre que ces comportements forment la culture de l’entreprise et c’est ce qui fait qu’elle se perpétue. Du coup, le changement devient de plus en plus difficile parce que “c’est comme ça qu’on fait les choses par ici”, sans rien remettre en cause.
Les salariés font les choses et se résignent à les faire “parce que c’est la politique” ce qui tue toute forme d’initiative qui pourrait pourtant être bénéfique.
L’auteur utilise quelques exemples de non-initiatives qui portent préjudice à l’entreprise mais qui sont faites parce que c’est plus confortable et au moins, on reste dans les règles : accepter de rembourser un client mécontent dès sa première réclamations (il faut demander l’autorisation avant), partir sur le champs pour aller voir un client qui a un problème avec un produit de l’entreprise (là aussi une autorisation est nécessaire), etc.
C’est dommage de freiner ceux qui ont des compétences pour faire les choses mais ne peuvent pas les manifester.
Chacun devrait être capable, au service de l’organisation, de mener à bien ses « redevabilités » dans un cadre prédéfini. C’est au plus près des compétences nécessaires que devraient se prendre les décisions comme l’indique si bien Christophe Mistou, directeur chez Kingfisher dans cet article :
http://lexcellenceenholacracy.com/il-est-temps-doffrir-vent-nouveau-a-la-generation-qui-nous-succedera/

Bien à vous,

Margaux

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Jacques Isoré

jacques Il y a 3 années

@Margaux. Merci pour ces commentaires très intéressants et pour les deux références citées. Vous soulignez bien le fait qu’on ne laisse pas suffisamment les collaborateurs libres d’utiliser tout simplement leur intelligence et leur compétence.
J’ai eu la chance d’avoir un patron qui faisait le « pari de la confiance », c’est ainsi qu’il l’appelle (Merci JLM). Il m’était possible de prendre beaucoup d’initiatives, ce qui augmente beaucoup l’esprit de responsabilité. Quitte, de temps en temps, à réparer les erreurs, le gain est bien supérieur au bout du compte. Et pour tous : l’entreprise, le client, le manager, le collaborateur.
Bien à vous.

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Portanéry Il y a 3 années

C’est vrai, nous sommes conditionnés…… et plus encore que nous le croyons ! Nous sommes finalement assez proche du monde animal. Les neurosciences affirment que 85% de nos actions et réactions sont automatiques et très vite mises en place ; sur le plan sociologique, c’est aussi très élevé : culture, éducation, valeurs, comportements….. La société est la pour nous le rappeler dès le moindre écart. Alors, profitons Bien de la liberté de choix qui nous reste. Elle est peut être faible, mais elle existe.

ET valorisons aussi certaines de ces programmations : derrière celles ci, il y a de la sécurité pour tous.

Emmanuel

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Jacques Isoré

Jacques Il y a 3 années

@Portanéry. Heureusement, nous avons aussi d’heureux conditionnements !! Oui, certains d’entre eux nous apportent la sécurité. Ils nous font acquérir des savoirs également.
Cette notion de liberté me semble fondamentale. Choisissons, dans la mesure où nous le pouvons, de garder ou de remettre en question tel ou tel conditionnement.
La liberté n’est pas de faire ce que l’on veut mais plutôt de vouloir ce que l’on fait.
Liberté chérie…
Bonne rentrée à tous.

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jpc Il y a 2 années

Merci pour ce texte, et même si cette expérience n’est que fictive, elle est totalement applicable à l’homme moderne qui comme ces cousins reste figé sur des modèles sociétaires (certains les nommes les piégesacons ou s’obstiner dans l’erreur). Ainsi est fait l’homme et il faudra du temps pour le changer.

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Jacques Isoré

Jacques Il y a 2 années

@jpc. Merci pour votre commentaire. Il me fait penser à l’auto-conditionnement que l’on retrouve très bien décrit dans le « Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens ». Une fois que nous avons opté pour une voie, tout nous porte à croire que c’était la bonne décision !

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Andre Il y a 2 années

Un extra terrestre débarquant sur cette page se demande pourquoi parler d’une expérience jamais réalisée ?

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    Jacques Isoré

    Jacques Il y a 1 année

    Je suis sûr que ce martien aurait bien d’autres sujets sur lesquels s’étonner, non ? :-)

Fabien Il y a 1 année

Bonjour, de fait cette expérience est parlante malgré sa soit disant non existence (et qui sait peut être a t il été testé sans être publié) car elle existe dans bien des aspects dans les organisations. Qui n’a pas connu un comportement acquis d’un salarié (de quelque niveau qu’il soit) alors que lui même n’avait pas vécu le moment d’apprentissage. Pour nous, c’est l’apprentissage d’un interdit dans la culture de l’entreprise qui permet le mieux de comprendre ce théorème fictif. Ce ne sont pas en soit des résistances au changement mais plutôt des informations à prendre en compte dans un contexte de changement. Ces interdits peuvent d’ailleurs se trouver remis en question par un nouvel entrant, le fameux oeil neuf … mieux si un salarié change d’organisation c’est parfois pour se libérer d’acquisition qui entrave son plaisir, sa liberté. C’est bien tout l’intérêt de l’accompagnement véritablement extérieur qu’est le conseil indépendant. En effet de très nombreuses organisations relativisent l’apport de l’extérieur et même s’auto convainquent d’avoir la capacité de s’extraire momentanément de sa propre organisation.
Il ne faut pas dire que les hommes et femmes ne sont pas capables de faire abstraction ou de recul. Mais au vu des chiffres suivant : 0,4% du PIB dans le conseil en France, 1% en Allemagne, 1,2 en Angleterre. Il y a quelque chose de culturel en France de ne pas valoriser l’apport de l’oeil extérieur. Décrire la culture d’entreprise ce qui est bien au delà des seules valeurs et donc n’a pas véritablement de sens de le faire en interne, d’ou le besoin d’un tel théorème qui même non testé est explicite.

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abdou Il y a 10 mois

A cette condition , votre exemple des chimpanzees tend à expliquer que la punition est necessaire dans le travail , ce qui explique que tout travailleur punit sévérement ne refait plus sa faute et se contentera de suivre les consignes sans les discutuées .Finalement , cette pratique insinue que le management du Système Autoritaire Exploiteur (Dictature carrêment dans l’entreprise ) imaginé par Rensis Likert ( psychologue américain ) serait le plus crédible à gerer une entreprise .

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