Pourquoi le bien être au travail est-il à la mode ?

Par le 15 octobre 2014

Si vous êtes connectés aux réseaux professionnels, curieux de ce qui est écrit dans les revues RH et de management, attentifs aux conversations à la machine à café, vous avez sûrement remarqué que le sujet du « bien être au travail » est de plus en plus commenté… mais de quoi parle-t-on au juste?

bien-etre-au-travail

Des conditions de travail et des comportements managériaux

Les conditions de travail sont au cœur des débats :

  • la qualité, le côté agréable des locaux
  • le respect dans les relations et capacités de nos dirigeants à entrer dans les bureaux en demandant s’ils « dérangent »
  • les événements créés pour des résultats qu’on trouvait « normaux » il y a encore peu : un contrat signé ou renouvelé avec un client important, une conférence réussie, un projet terminé…

Et les comportements managériaux ne sont pas en reste : les managers ont soudainement appris à écouter et à développer leur empathie. Ils prennent leur temps, ne regardent plus ailleurs quand ils croisent leurs collaborateurs dans les couloirs et ils disent bonjour en regardant chacun dans les yeux et en essayant de se souvenir des prénoms…

Pas de doute, il se passe quelque chose….

Effet de mode ou offre utile ?

Après avoir réfléchi à la pertinence d’une offre sur le « bien être au travail » comme axe légitime de formation, je vous livre mon analyse sur l’utilité de ce nouvel engouement pour la « qualité de vie au travail ».

On est optimiste, on parle de ce qu’il faut mettre en oeuvre pour que les salariés se sentent bien :

  • Des locaux conviviaux et agréables
  • Des réunions informelles où l’on ne parle pas d’objectifs et d’enjeux et où le sourire est de rigueur
  • Une mise en place du télétravail pour répondre aux nuisances des temps de transports
  • Des collaborateurs qui bénéficient de conférences décalées…
  • Une bonne humeur affichée, même si le contexte est morose…. bref on cultive « la positive attitude ».

On propose aux collaborateurs des activités anti-stress :

Le yoga, qi qong, méditation sont supposés résoudre en amont les problématiques d’anxiété au travail. L’intention est bonne, mais est-ce que ce sera suffisant pour répondre aux sentiments de non-reconnaissance, à la peur de perdre ce que l’on a, sans se sentir capable de réclamer quelque évolution professionnelle ?

On se rapproche des professionnels de santé pour mieux comprendre ce qui se cache derrière les terminologies rebattues : stress, burn out, troubles psychologiques….

  • Pour des managers, ne pas faire de burn out semble devenir incompréhensible, au vu de la pression mentale qu’ils subissent et qu’ils expriment dans nos séminaires de formation…

On met le malaise sur le compte de problématiques anciennes, voir ancestrales que l’on rebaptise de qualificatifs estampillés RH :

  • On invoque la difficulté des femmes à mener de front éducation des enfants et progression de carrière malgré des capacités de travail et des diplômes tout à fait honorables et on négocie des accrods de PARITE.
  • On cite le besoin de visibilité, la nécessité de faire partie de réseaux, et on surinvestit la force du DIGITAL.
  • On cristallise sur l’incompréhension entre les baby boomerss, les X, les Y et bientôt les Z ! Alors que, finalement, le CONFLIT DE GENERATIONS est aussi vieux que les premières organisations sociales…
  • On intègre dans un accord fourre tout (ANI de la Qualité de vie au travail ), les temps de transports, les congés parentaux, la nécessaire négociation avec les partenaires sociaux en veillant à être exhaustif ! Exhaustif donc flou…

Mais de quoi ont besoin les managers ?

Quand j’évoque ce sujet avec les managers que j’accompagne, ils pointent surtout que ce qui devrait évoluer, c’est la relation au temps.

Il faut leur laisser le temps de :

  • Jouer leur rôle relationnel auprès de leur équipe
  • S’intéresser personnellement à chacun de leurs collaborateurs directs
  • S’attacher à les faire grandir et progresser professionnellement
  • Et avant tout, prendre du temps pour eux. Comme ils le disent « sortir la tête du guidon » et se donner l’autorisation de réfléchir !

Je formule l’hypothèse que, si ces fondamentaux du management étaient intégrés, les débats circonvolutoires autour de cette notion de bien être au travail rencontraient beaucoup moins d’échos.

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Goelette Il y a 2 années

Additif à votre conclusion : et si tout le monde avait une vie saine, on aurait pas besoin de la SS ; et si les fondamentaux de la civilité étaient respectés, on aurait pas besoin de police de proximité etc… Etre poli et intéresser à ses employés ne suffit pas, les sortir de la relation de contrainte dans laquelle on les a mis pour leur redonner dignité, fierté et engagement est autrement plus ambitieux. le bien-être est la conséquence de ces changements de paradigmes profonds, pas une mode…plutôt un mouvement de fond qui peut tout balayer sur son passage.

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Lynda DRIAD Il y a 2 années

Bonjour, merci pour cet article. Vos réflexions et questionnements au regard du bien-être sont pertinents.
Je suis plus mitigée sur le fait que si certains fondamentaux du management comme ceux que vous citez (liste qui pourrait être étayée..) étaient intégrés , les débats sur le bien être seraient probablement moins passionnés.
Il y a un aspect fondamental à intégrer dans cette réflexion: Une personne doit être considérée dans sa globalité, ce qu’elle est dans sa vie personnelle, elle l’est dans sa vie professionnelle..satisfaire ses besoins professionnels (développement, réalisations, eco-environnement, reconnaissance..) via un management exemplaire (on pourrait y mettre un monticule de critères) n’est pas forcément suffisant pour apporter le bien être recherché. Il me semble qu’ intégrer le concept de l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle serait nécessaire en ces temps où chacun court après son ombre.

Par ailleurs, dans « bien-être » il y a le mot « être », le développement personnel est aussi une composante essentielle.
Une formation axée sur le bien-être au travail ne serait-elle pas au croisement du manager coach, développement personnel et gestion du temps?

Bonne continuation,

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ORELLANA PASCALE Il y a 2 années

Effectivement, d’où l’intérêt de (re)placer l’humain et plus précisemment la dimension corporelle au coeur du contexte, Ces thématiques évoquées autour de cette notion de « bien être » risquent de tourner en boucle, comme évoqué dans l’article si l’entreprise n’opère pas la réflexion de se positionner à la source du problème : (re) situer la place du corps qui travaille au sein du dispositif professionnel aujourd’hui. En 2014, l’entreprise doit être pensée à partir du « corps qui travaille », à quelque niveau de la « hiérarchie » qu’il se trouve.

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Sarah Haïlé-Fida Il y a 2 années

Bonjour et merci pour cet article,
Il me semble que si les « fondamentaux » du management sont importants, il ne faut pas oublier les conditions de travail en termes de marges de manœuvre, en particulier celles des encadrants de opérationnels.
Par ailleurs, l’approche ne peut être que collective, dimension que ne prend pas en compte la psychologie positive.

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Helen Burzlaff Il y a 2 années

Enfin un peu de bon sens dans le phénomène de mode de « la QVT pour lutter contre les RPS »*
Je partage votre analyse et votre conclusion. J’ajouterai volontier que notre hygiène collective de vie au travail pourrait gagner à réfléchir aussi à la notion de temps. Le temps qui s’accélère, le temps qui passe, le manque de temps, le toujours plus vite. Il nous appartient individuellement et collectivement de nous poser, de prendre un peu de hauteur et de recul sur notre activisme professionnel et sur celui de nos managers. Prenons le temps de réfléchir à ce que nous faisons, et au sens que cela a pour nous comme pour l’entreprise. Et alors, peut être, trouverons nous le temps de bien vivre ensemble et de trouver du plaisir au travail.

*:entendez : la qualité de vie au travail pour lutter contre les risques psycho sociaux.

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Bismuth denis Il y a 2 années

la mode du bien être au travail est, comme un écho à la mode du coaching, une crise de réorganisation des stratégies de production et de reproduction des forces de travail. Un peu comme l’instruction publique du temps de Jules ferry: au delà de l’aspect romanticisme humaniste du projet, on n’aurait pas pu imaginer le développement d’une société industrielle sans un smic culturel. La question est donc de savoir a quelle utilité sociale répond ce projet. Une partie de la réponse est dans mon dernier ouvrage: attention management! La place de l’analyse de pratiques dans la professionnalisation du management

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Estelle Il y a 2 années

Un excellent livre qui me sert justement pour maintenir une bonne hygiène de vie collective au travail : C’est ‘L’Alchimie du bien-être’ de l’auteur Indrajit Garai.
http://www.amazon.fr/Lalchimie-bien-%C3%AAtre-Deuxieme-Retrouver-l%C3%A9quilibre-ebook/dp/B00QQ9D2JU/ref=sr_1_cc_1?s=aps&ie=UTF8&qid=1418332552&sr=1-1-catcorr&keywords=indrajit+garai

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Eiselé Bien-être Il y a 1 année

Les entreprises sont juste en train de se rendre compte que cela fait un certain nombre d’années qu’ils ne s’occupent plus de leurs salariés. Rappelez-vous le siècle dernier les entreprises allaient jusqu’à s’occuper du logement des salariés, les clubs de sport, les fanfares, …. .
Et maintenant il reste quoi ? Les tickets restaurants?
Le bien-être aux travailles est un moyens qui est offert aux entreprises intelligentes de remettre la main sur leurs salariés.
Contrôler un salarié par son salaire n’est pas suffisant et contrôler par le fouet on obtient de piètre résultat.
Maintenant espéreront que le patronat et les salariés se mettent d’accord sur le faite que le bien-être au travail est vitale pour tous les deux.

Maintenant pour ce qui est des managers, ou sont les managers avec des couilles, pas de courage, des lavettes, c’est cela qui créer du malêtre dans nos entreprises.
Ce qui est, est, ce qui a dire, est à dire.

Et rappelez-vous, si quelqu’un vous demande de faire un kilomètre avec lui faites en deux.

Répondre

Eiselé Bien-être Il y a 1 année

Les entreprises sont juste en train de se rendre compte que cela fait un certain nombre d’années qu’ils ne s’occupent plus de leurs salariés. Rappelez-vous le siècle dernier les entreprises allaient jusqu’à s’occuper du logement des salariés, les clubs de sport, les fanfares, …. .
Et maintenant il reste quoi ? Les tickets restaurants?
Le bien-être aux travailles est un moyens qui est offert aux entreprises intelligentes de remettre la main sur leurs salariés.
Contrôler un salarié par son salaire n’est pas suffisant et contrôler par le fouet on obtient de piètre résultat.
Maintenant espéreront que le patronat et les salariés se mettent d’accord sur le faite que le bien-être au travail est vitale pour tous les deux.

Maintenant pour ce qui est des managers, ou sont les managers avec des couilles, pas de courage, des lavettes, c’est cela qui créer du malêtre dans nos entreprises.
Ce qui est, est, ce qui a dire, est à dire.

Et rappelez-vous, si quelqu’un vous demande de faire un kilomètre avec lui faites en deux.

http://www.eiselebienetre.fr

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Michel BENOIT Il y a 12 mois

Bonjour,

Je suis Michel BENOIT, ingénieur/markqueteur chez Hypersoft, éditeur d’une solution de compréhension et de gestion du temps professionnel.

Autant j’adhère globalement, autant je n’approuve guère la conclusion. Le bien-être au travail passe, d’abord, par une volonté qui nous est propre.

Notre outil, OmniContext, gratuit et en test, offre, sans saisie de données un vue précise ET OBJECTIVE sur son temps et ses habitudes au travail. Je vous invite à le découvrir, à me faire parvenir vos retours (je peux développer ce qui vous intéresse).

La compréhension et la maîtrise de son temps et de ses habitudes au travail sont souvent les premières étapes. Il faut bien comprendre que voir afficher certains chiffres objectifs, c’est parfois l’électroc, le début d’un changement.

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Xavier Il y a 8 mois

Bonjour,
C’est bien vrai tout ça! C’est primordial d’être à l’aise avec son travail et de s’épanouir. En tout cas, ce n’est pas facile mais je suis parvenue grâce à Laurie de http://www.gagnersonargent.fr. Et j’avoue que mon travail donne un sens à ma vie.

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Mercia Il y a 8 mois

Bonjour,
C’est important d’être à l’aise avec son boulot. En out cas, c’est quand même un grand défi. Pour y parvenir, je me suis fait aider par Natacha de http://www.gagnersonarget.fr. Mais j’ai bien aimé votre article car c’est très instructif.

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David B Il y a 6 mois

Pour améliorer le bien-être au travail, il faut à nouveau instaurer des valeurs dans les relations professionnelles. Entre autres, le respect est un pilier indispensable pour contribuer à oeuvrer pour le bien-être au travail.

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