Risques psycho sociaux-discrimination même combat !

Par le 21 octobre 2011

Episode 1 :

Récemment, j’ai vu ce film et tous les liens se sont mis en place par rapport à mes réflexions  sur ces enjeux de souffrance au travail et de discrimination.

Je vous en raconte ici, ma perception, que j’ai intitulée : « Lente descente aux enfers dans un univers feutré  »

Un décor feutré :

Un cadre d’une cinquantaine d’années, issu de la culture de l’honneur, ayant fait toute sa carrière dans cette même banque. Il est  engagé, volontaire, impliqué dans son travail et sa relation avec ses clients qu’il connait personnellement.

Soudain, de nouveaux responsables arrivent pour diriger le service, plus jeunes, très ambitieux. Une autre culture… Il va y avoir du changement !

Le nouveau  patron est obnubilé uniquement par les résultats financiers. Il est sans états d’âme sur les conséquences de ses décisions, au plan organisationnel et humain. Il vit à court terme.

Mais, pour quelles raisons ?

C’est assez simple, son objectif n’est pas de demeurer dans cette agence, ce poste de représente qu’une étape sur son chemin d’ambition qui doit le mener à de bien plus hautes responsabilités. Afin de prouver au groupe qu’il est plus performant que ses pairs et d’obtenir la nomination dont il rêve, il est prêt à tout (il réussira sur ce point)

Son adjoint, plus discret, moins démonstratif de son ambition pourtant de même nature, se mobilise pour créer des relations avec l’équipe. Il  obtient ainsi beaucoup d’informations et d’opinions  sur les uns et les autres. Elles lui seront très utiles.

Les collègues sont polis, habillés au selon le « dress- code » maison,  les portes sont vitrées, les open space aménagés…

Il y a des fêtes, des contrats signés des départs en retraite, des licenciements, tout cela se mélange comme dans la chanson d’Alain Souchon : « Une guitare un citoyen ».

L’épouse du héros principal mène une activité caritative- qui est  subventionnée par la banque- et deviendra au fil du temps un  objet de marchandage dans le harcèlement qu’il va subir.

Avant la descente aux enfers :

Lui, fait face, seul.  De plus en plus seul : changement de bureau, changement de clients et pour finir changement de poste dans un domaine qui lui est inconnu et pour lequel il est sur qualifié.  Son manager lui précise que l’on ne touchera pas à son salaire car le droit l’interdit !

Au début, il accepte, fait comme si ne rien n’était, puis il entre dans un processus de justification face aux brimades et aux reproches non fondés dont  il fait l’objet. Il se bat, puis il renonce lorsqu’il comprend que sa cause est perdue et que son sort est scellé.

Pourquoi cela lui arrive-t-il à lui ? Trop différent ? Trop vieux ? Trop résistant au changement de méthodes, de cultures ?  Trop prompt à exprimer ses opinons mêmes si elles ne vont pas dans le sens de ses dirigeants ?

Ses collègues de travail s’éloignent peu à peu. On a le sentiment qu’ils ne peuvent affronter  le malaise que cette situation génère. Seul un collègue et ami de longue date reste proche, mais lui aussi ne sait comment agir, il lui conseille de laisser tomber, lui dit que l’on n’y peut rien…

Un jour, le héros se présente à une réunion, la salle est immense, il est seul.  Volontairement on ne lui a pas fait part de l’annulation de la réunion, d’épuisement il s’endort sur place.

Son épouse est aimante, elle tente de l’aider mais ne sait plus comment faire face à ses sautes d’humeurs, ses nuits blanches, ses difficultés de communication en famille….

La maison est agréable, les tissus feutrés et de bon gout, la voiture ? Une grosse berline…

Pourtant un jour, cet homme va choisir avec les seuls moyens qui lui restent, d’exercer sa liberté d’être ….il part à pied de bon matin vers son destin tragique.

Il n’y a pas de jugement à avoir sur cette fiction et son dénouement, juste c’est tellement explicite  que cela fait frémir.

Le titre du film est : De bon matin

L’acteur principal : Jean- Pierre Daroussin est  impressionnant d’humanité et de sobriété dans son jeu Si l’on veut comprendre l’enchainement des événements et la spirale infernale de la souffrance au travail on y court !

Managers,  avant d’être des salariés en situation de travail, vos collaborateurs  sont des êtres humains complexes, une combinatoire de pensées, d’attentes et d’émotions.

Dans mon prochain billet nous verrons comment identifier les signes de mal être et comment se positionner en tant que manager pour empêcher à la spirale infernale de se mettre en mouvement.

Autre dossier sur le même thème

Laisser un commentaire

Avatar

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Avatar

Camille Il y a 9 années

Merci pour ce billet, de nombreuses entreprises connaissent aujourd’hui ces situations… Les temps sont plus tendus à la fois financièrement et humainement. Souvent les réflexions fusent et les remarques pleuvent. On entend dans les couloirs telles ou telles critiques sur tel ou tel collègues, les gens sont changés de bureau, ils se trouvent isolés et perdent le contact avec les autres… Il faut se battre contre ces pratiques, parler, faire jouer les syndicats et le CE. Faire bouger les choses prend temps, j’espère qu’avec ce billet vous y contribuerez un peu.

Répondre
@camille

@camille Il y a 9 années

Merci Camille, il est vrai que notre environnement favorise la montée du stress au travail, vous pointez tout à fait bien deux éléments reconnus dans les risques psycho-sociaux : l’isolement ( qui bloque les capacités de réaction, de défense, ou d’expresion de ses difficultés) et la perte de contact « humaine » avec ses collègues (qui peut même aller jusqu’à susciter des comportements de délation, de ragots, de luttes intestines….)L’enjeu est de pouvoir créer et conserver un réseau d’alliances, d’aides, basées sur la relation personnalisée qui soit un appui en cas de crise.

Bien à vous
Annette

Répondre
Avatar

gardey Il y a 9 années

Daroussin exprime parfaitement l’affaissement désabusé des gens normaux mis sous pression par des managers qui n’existent que par leur titre et la reconnaissance de la hiérarchie. Les vrais responsables sont les organisations qui n’ont d’autre objectif que de servir des revenus excessifs à un actionnariat coupé du monde de l’entreprise et plus largement de la société (il n’y a qu’à voir la crise financière).
Où sont les patrons humanistes ? Recalés ou virés. Dans un monde individualisé, en quête de valeurs, les « dominants » sans foi ni loi ont la part belle. Mais dans quelle direction nous mènent-ils ? Ils ne le savent pas eux même. Colosses aux pieds d’argile, ils sont plus animal qu’humain… On a tendance à vouloir aider ceux qui souffrent. Mais ceux qui ont besoin de se transformer, d’évoluer, ne seraient-ce pas ceux qui font souffrir ? Il y a pourtant de fortes chances que s’ils se transforment, ils soient vite remplacés…

Répondre
@gardey

@gardey Il y a 9 années

Merci de ce retour, l’humanisme est une idée magnifique mais qui confine à l’utopie dans des univers ou le réalisme économique prime. On y observe plutôt des approches court-termistes, qui ne considèrent plus le collaborateur dans sa dimension humaine avec toute la complexité et la confrontation que cela implique mais comme une source ( une ressource ?) de productivité. Pour conclure sur une note optimiste il n’est pas interdit d’envisager que cette vision très binaire soit remise un jour en question par un mouvement de fond porté à la fois par une nouvelle donne démographique ( plus de générations ensemble au travail et plus d’exigence de la part des jeunes générations quant au respect et à la qualité de la relation de travail ) et par une prise en compte des Dirigeants que l’humain peut être une valeur durable source de richesse et de perenité.
bien à vous

Répondre
Avatar

Annie Il y a 9 années

Hèlas, ce phénomène n’est pas propre aux entreprises privées sous le joug de leurs actionnaires; Il en va exactement de même dans les services publics qui eux font l’objet du dogmatisme malgrè l’investissement des agents.

Répondre
@gardey

@gardey Il y a 9 années

@merci Annie de cette remarque, en effet les discriminations, la souffrance au travail , le stress ne sont pas le monopole des entreprises privées, dans toute organisation humaine cela peut se produire.

Répondre
Avatar

orsonlazure Il y a 8 années

Bonjour tout le monde sur le forum. Intéressé a l’intérieur ferrures et pret a donner des conseils sur ce sujet. J’aime les chiens et les organisations impliquées dans l’écologie.

Répondre
Avatar

malomiuho Il y a 7 années

hey, im depressing after being noob, i wish i found the right subforum to dispatch to my introduction thread. Im 27yo and im here to windfall some interesting informations! conviction to loiter around due to the fact that a long beforehand and to gather you guys! http://www.filmovita.com/pic/images/50801767783208591711_thumb.png

Répondre
Avatar

Mornewadiarow Il y a 7 années

безупречный сайт онлайн помощь студентам, заказать курсовую работу по праву, заказать курсовую работу по психологии.

Répondre
Avatar

StephenKr Il y a 5 années

counter-strike – free items, Free things.

Répondre

Abonnez-vous au blog

Afin de vous abonner et pour des raisons de sécurité, votre navigateur doit accepter les cookies et le JavaScript.