Leadership au féminin : effet de mode ou nécessité ?

Par le 6 avril 2016

Quand j’évoque l’animation d’ateliers féminins de développement du leadership, on m’interroge : « Ah oui, les femmes ont droit à une formation spécifique au leadership ? », « et pourquoi pas les hommes ? ». Bien souvent ce thème fait sourire, agace, suscite de l’étonnement ou de l’envie chez les hommes… et aussi chez les femmes.

Alors quelle est au fond la raison d’être de ces ateliers, de ces programmes de développement du leadership féminins ?

Leadership féminin

© Shutterstock

Leadership féminin versus leadership masculin ?

En accompagnant et formant des managers et des dirigeants, j’ai acquis la conviction qu’il n’y avait pas de leadership féminin ou masculin, qu’il n’existait pas une façon typiquement féminine ou particulièrement masculine de diriger ou que les hommes auraient plus de capacités à entraîner leurs équipes autour d’une vision, d’un projet que les femmes.

Il y a en revanche sans doute des qualités et des valeurs dites féminines comme la bienveillance, l’empathie, la coopération que nous associons au leadership féminin, peut-être à tort ! Et qui sont du reste de vrais atouts dans un environnement complexe et incertain. Et bien entendu il y a des codes en entreprise qui ont souvent été pensés au départ par des hommes et pour les hommes qu’il faut connaître et savoir utiliser.

Des programmes pour elles car rien n’est acquis en matière d’égalité

Aujourd’hui les disparités se réduisent, les responsabilités des femmes augmentent et le « plafond de verre » commence à se fissurer mais l’écart de salaires entre les hommes et les femmes en France reste en moyenne à 27%. Et comme l’indique Brigitte Grésy, auteur de référence sur ces sujets, pour le Baromètre de l’Équilibre des temps et de la parentalité en entreprise : 82% des femmes ayant au moins un enfant déclarent manquer de temps au quotidien versus 71% de salariés. Et puis, si elles ont des responsabilités, elles ne sont encore que 11% à occuper de postes de direction.

Les raisons à cela s’expliquent par un héritage politique, économique et social, par un contexte, mais aussi des stéréotypes difficiles à bouger ou simplement des représentations mentales un peu figées qui perdurent chez les hommes et les femmes.

On ne naît pas leader, on le devient

Pour toutes ces raisons, des ateliers ou des programmes de formation et d’accompagnement sont plus que jamais utiles pour permettre à des femmes et à leurs entreprises de briser ce célèbre  « plafond de verre ». Pour de nombreux dirigeants, la mixité est même une des conditions de la performance économique et de l’innovation, fruit de l’échange et de la diversité. Beaucoup d’organisations ont signé des accords sur l’égalité professionnelle femmes/hommes et des chartes en ce sens. Et les progrès passent aussi par des programmes de développement du leadership qui facilitent la prise de conscience et le changement de représentations.

Je fais partie de celles et ceux qui pensent que le leadership n’est pas inné. Un certain nombre de qualités le sont peut-être mais de nombreuses compétences s’acquièrent et se renforcent aussi. Gagner en impact dans sa prise de parole, développer son influence, prendre toute sa place, apprendre à se mettre en valeur en parlant de ses réussites, gérer les objections, c’est ce à quoi les femmes s’entraînent dans les ateliers que nous concevons pour nos clients.

Le leadership se fonde aussi sur la conscience de soi, la confiance en soi et en les autres. Dans ces ateliers, les femmes prennent le temps de mieux se connaître, d’identifier leur mode de fonctionnement, leurs aspirations profondes pour aborder la relation avec leur environnement de façon positive.

Enfin l’objectif de ces séminaires, ateliers ou programmes courts ou plus longs dans la durée est multiple.  Permettre aux participantes de prendre de la hauteur, d’élargir leur perception, d’écouter le témoignage d’autres femmes de tous âges, d’autres parcours dans des domaines d’activités différents, de s’inspirer les unes des autres, d’inventer le style de leadership  tout en constituant ou en renforçant leur réseau. Le réseau est reconnu comme un réflexe masculin naturel, alors que les femmes leaders ont encore à accepter de le développer, d’être visibles et influentes et pas seulement pour d’autres femmes.

La parité gage de réussite

Pour reprendre confiance en soi, partager ses doutes, ses espoirs et ses ambitions, la « sororité », le fait de permettre une parenthèse dans le temps entre femmes est indispensable pour oser davantage, avoir une liberté de ton, tomber les masques, être authentique.

Mais les séminaires de « leadership pour elles » ne peuvent s’imaginer sans le masculin :  managers, dirigeants,  pairs,  mentors… les sponsors de ces programmes pour lesquels tout n’est pas si simple et qui ont aussi à gagner dans l’enjeu de la parité.

 

Vous souhaitez accroître votre leadership ?

Formation : Devenir manager de managers

Formation : Construire et développer son leadership

Formation : Le leadership du manager transversal

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Christine Marchal Il y a 3 années

pour compléter ce message : venez-rejoindre la prochaine session de « golf et leadership au féminin » !!!
http://www.manability.com/formation/golf-leadership-au-feminin/

Répondre

MARKOFF LUDMILLA Il y a 3 années

Bonjour je serais heureuse de recevoir des articles sur le leadership. Merci par avance

Répondre
    Cegos

    Cegos Il y a 3 années

    Bonjour,
    en vous abonnant au blog du management en haut à droite de cette page, vous recevrez tous les mardis nos derniers articles sur le leadership.
    Bien à vous,

Martinez Il y a 3 années

Je partage votre analyse: le leadership n’a pas de sexe. Il s’apprend, comme tout. Et la notion de sororité est très forte, peut-être plus profonde que celle de fraternité.

Répondre

Stephanie Il y a 3 années

Excellent article, une femme peut prendre le rôle d’un leader autant qu’un homme. Pour ma part, j’ai suivi une formation dans une école supérieure de management à Paris, à l’EBS Paris ( http://www.ebs-paris.fr/ ) plus précisément et je trouve que les femmes sont aussi capables que les hommes durant mes années de formation.

Répondre

Christine Marchal Il y a 3 années

Bonjour,
Le « leadership n’a pas de sexe » ne répond pas complètement à la question.
Les séminaires proposés actuellement sont de qualités (je fais la promo des mes « soeurs » également) et libèrent la parole au sujet de situations très particulières. Il est question également de l’évolution des 4 générations de femmes au travail….
Nous accompagnons depuis de nombreuses années des femmes (tous postes confondus) ayant un réel potentiel, mais qui se posent de vraies bonnes questions quant à leur devenir, celles qui souhaitent « gagner leur vie » dans tous les sens du terme.
Qui proposerait un débat commun pour avancer concrètement ?

Répondre

Christelle LEONIDAS Il y a 3 années

A lire

Répondre

    J-C Il y a 2 années

    Lu

papis balde Il y a 2 années

tres pertinents j aimerais avoir toutes les autres formations en leadership

Répondre

NOEL Jeanne-Marie Il y a 2 années

Ah! ça m’a fait plaisir de lire ces textes et de voir que ça bouge, que l’on s’interroge sur la place des femmes et surtout comment elles prennent cette place!
Je fais des formations sur la voix et je suis encore confrontée a des réticences féminines à propos de l’importance de la puissance sonore, l’autorité naturelle, la note physiologique…Autrement dit d’oser ‘jeter par dessus les moulins’ les corsets que portaient nos arrières grand-mères et que nous avons encore dans la tête, pour se faire entendre et comprendre.

Répondre

    Tilhet Coartet Virginie Il y a 2 années

    oui merci Jeanne Marie, il est essentiel de faire entendre sa voix , sa signature musicale personnelle
    bonne semaine à vous

mickolo Il y a 2 années

LA DISCRIMINATION doit s’arrêter maintenant .

Les recherches des grands philosophes tels que Platon , Aristote et Socrate portèrent sur la nature de l’homme et la dynamique du comportement humain particulièrement en ce qui concerne le gouvernement et les relations sociales avec les dirigeants amenèrent à établir que l’art de diriger est le produit de dons naturels et de traits de caractère . En somme, certains naissent pour gouverner tandis que d’autres naissent pour être soumis. Cette pensée a fait naître autant d’esclave que de maître.

Nous pouvons le constater sur plus de 7 milliards d’habitants sur la planète terre seule une catégorie d’individu dirige le monde .Un monde rempli de suiveur, de surveillant , de directeur et dictateur . Il est devenu rare de trouver des vrais leaders. Le temps nous a légué en héritage des politiciens qui ont marqués l’histoire de notre monde mais notre génération à la recherche des modèles, des leaders intègres, des visionnaires, capables de répondre à ses aspirations.

Où sont les vrais leaders ? Où sont ceux qui seraient prêts à assumer la responsabilité de la situation actuelle ?
https://devenirleadersite.wordpress.com/2017/01/31/la-discrimination-doit-sarreter/

Répondre

GOURI ALIMAN Il y a 1 année

bonjour, j’ai lu votre publication et j’ai été conquise par les différents points abordés en lien avec le leadership au féminin. Il faut dire qu’il est temps pour les femmes, de passer par delà les stéréotypes et les pesanteurs socioculturelles afin de prendre la place qui est la leur c’est à dire, prendre pleinement part au développement de nos différentes sociétés. car comme on le dit, le développement n’est pas une exclusivité et de ce fait, le leadership n’est pas l’apanage d’un seul genre, que ce soit à tous les échelons comme dans tous les domaines de la société.

Répondre

    Virginie Tilhet Coartet Il y a 1 année

    Merci beaucoup Aliman

Ngomita Il y a 4 mois

Merci de m’envoyer toues les informations sur le leadership feminine ainsi que les programmes de formation

Répondre

Abonnez-vous au blog

Afin de vous abonner et pour des raisons de sécurité, votre navigateur doit accepter les cookies et le JavaScript.