Temps professionnel et temps personnel : des frontières floues

    Par le 22 décembre 2017

    En septembre 2017, l’Observatoire Cegos a mesuré le climat social dans les entreprises privées en France. Un des principaux enseignements reste que les nouvelles technologies ont considérablement modifié notre relation au temps et à la distance. L’équilibre vie personnelle et vie professionnelle en est directement impacté.

    Baromètre Cegos sur le climat social

    Notre très récente enquête de Climat social montre les résultats suivants :

    Infographie, les nouveaux usages liées au digital.

    Baromètre Cegos Climat social et Qualité de vie au travail – 2017

    On constate que les personnes interrogées, et en particulier les managers, sont plus sollicitées par leur travail sur leur temps personnel et sont, paradoxalement, satisfaites de l’organisation de leurs horaires ! Elles déclarent même que leur équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle est préservé. Cela serait-il le signe d’une nouvelle manière de vivre le travail ?

    Plus de porosité entre vie professionnelle et vie personnelle

    Pour un grand nombre de professions, le temps de travail n’est plus limité au lieu de travail. Il suffit de regarder les écrans d’ordinateurs dans les TGV et dans les avions : la majorité des voyageurs du matin et du soir travaille pendant le trajet. Est-ce du temps de travail ou du temps personnel ? Certains employés, dont le travail peut se faire à distance, choisissent de rentrer plus tôt chez eux -pour des raisons de transport ou d’organisation familiale – et de rouvrir un dossier en fin de soirée. Est-ce du temps personnel ou du temps professionnel ?

    De son côté, la vie personnelle s’invite aussi dans le travail : réserver des vacances, faire quelques courses en ligne, inscrire les enfants à un club de loisirs… C’est devenu courant dans les entreprises. Temps et lieu de travail ne sont donc plus clairement définis, ce qui permet une plus grande flexibilité dans l’organisation et entraîne une grande porosité entre vie professionnelle et personnelle. Le bénéfice semble important pour les salariés qui trouvent ainsi une certaine souplesse dans leur organisation et arrivent à faire cohabiter plus facilement les deux univers. L’utilisation des outils numériques a donc permis l’émergence de nouvelles habitudes de travail qui s’ancrent progressivement. Ce qui était l’apanage des cadres s’étend désormais aux non cadres.

    Moins de frontières, plus de stress ?

    Il reste néanmoins la question de la charge mentale et du stress, dans un contexte où les salariés ne peuvent plus cloisonner les deux aspects de leur vie. Notre enquête montre qu’elle reste très importante : 57 % des personnes interrogées disent subir un stress régulier dans leur travail et 61 % de ces personnes déclarent que cela a un impact sur leur santé.

    Le principal facteur de stress des salariés reste la charge de travail, ce qui peut aussi expliquer l’augmentation du travail en dehors des horaires habituels. Le baromètre souligne que c’est la première source de stress pour 52 % des managers et 49 % des salariés, même si ce pourcentage baisse de manière significative (- 12 points depuis 2015).

    La question qui se pose désormais est celle de la banalisation du stress, qui s’ancre durablement dans le paysage professionnel.

    Les entreprises, et notamment les fonctions RH, s’emparent du sujet

    44% des répondants de notre baromètre indiquent que des accords sur la qualité de vie au travail ont été mis en place dans leur entreprise et 53% des managers affirment avoir été sensibilisés et formés sur les risques psycho-sociaux. Par ailleurs, le droit à la déconnexion fait désormais partie du Code du travail. Certaines entreprises mettent en place des règles de vie à ce sujet, avec l’interdiction d’envoyer des mails au-delà de certains horaires par exemple. Cependant, ces mesures ne semblent pas en lien avec la tendance de fond que l’on observe.

    Comme pour l’hygiène de vie, le fait de s’alimenter correctement, de faire du sport… la prise de conscience est progressive. L’utilisation du temps sera peut-être plus maitrisée dans les années à venir, au bénéfice des salariés et du bon fonctionnement des entreprises. Là aussi un travail d’éducation est nécessaire.

    Retrouvez l’intégralité des résultats du Baromètre Cegos 2017 sur le Climat social et la qualité de vie au travail.

     Merci à Isabelle Drouet de la Thibauderie, Manager d’Offre et d’Expertise Ressources Humaines pour le Groupe Cegos, pour sa contribution à ce billet. 

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Nicolus Martin Il y a 9 mois

    Clipping Path Service
    http://www.clippingserviceindia.com/

    Répondre

    Fabien RAYNAUD Il y a 9 mois

    Pour gérer ce stress lié à la porosité entre ces deux vies, il est nécessaire que chacun se discipline. Il y aura toujours du travail à faire, il faut donc s’arrêter au moment voulu.
    C’est avant tout une question d’auto-discipline.

    Fabien RAYNAUD
    http://www.FabienRaynaud.com

    Répondre

    arthur Il y a 8 mois

    Les frontières entre vie professionnelle et privée s’estompent pour de nombreux travailleurs et cette apparition de cette nouvelle forme de travail, le blurring, entraine un nouveau rapport des salariés avec leur travail et leur employeur :. Le blurring induit de profondes modifications des conditions de travail et d’organisation dans les entreprises, favorables en terme de souplesse pour les tâches personnelles et l’autonomie, mais comportant des risques pour la santé physique et morale des salariés : http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/psychologie-du-travail/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=163&dossid=541

    Répondre

    Stéphane Sornin Il y a 7 mois

    Je n’ai nullement la prétention de redéfinir cette problématique des ‘’technostressés’’, il est indubitable qu’il s’agit d’une réalité. Cependant au vue des développements fulgurants de l’informatique avec en toile de fond l’avènement de la robotisation et de l’intelligence artificielle cette article amène beaucoup de questionnement.

    Tout d’abord il est certain que la technologie engendre du stress notamment parce que la possibilité de se mettre à ‘’off’’ est de moins en moins une option. Également les technologies changent à un rythme effarant, le travailleur moyen apprend à peine un logiciel qu’il doit en assimilé un autre. Cependant cette poussée de la cybernétique dans le territoire des humains est-elle la cause ou également l’effet d’une autre cause plus fondamentale.

    En effet les différents agents de stress organisationnels ‘’classiques’’ Ont toujours été attribués à une forme de bureaucratie. Soit la taille des organisations qui ne permettent pas de créer des liens humains. Mais également le haut degré de formalisation des fonctions administratives. Généralement ce type de structure cherche à façonner la personne pour en faire un être ‘’stéréotypé’’. De plus les notions de pouvoirs sont beaucoup moins tangibles. La structure informatique est en mesure de définir des paramètres de performance dont les contours sont plus difficilement cernables.

    Il peut y avoir pour le travailleur la perception d’une déliquescence mais par ailleurs une omniprésence de l’autorité y compris dans sa sphère privée. Ce qui peut aisément créer une compétition entre les membres de l’organisation qui induit plus de problématiques que d’avantages pour le travailleur et l’entreprise.

    Et tout état de cause il me semble que la meilleur manière de procéder avec la réalité de l’informatique. C’est de définir précisément les rôles et de manière cyclique afin que chacun soit en mesure de ce coordonner. Mais également de prévoir sa formation pour à la fois obtenir une organisation flexible et performante mais aussi peuplée par des humains en confiance et en mesure d’organiser leurs avenirs.

    Répondre

    Abonnez-vous au blog

    Afin de vous abonner et pour des raisons de sécurité, votre navigateur doit accepter les cookies et le JavaScript.