Comment manager les femmes ?

    Par le 30 mars 2015

    Dans les discussions entre managers, certains sujets reviennent inexorablement comme des interrogations récurrentes, incontournables, quasi universelles, difficiles à résoudre, comme si ces sujets n’avaient pas de solution, ou pas de solution durable, mais dont chacun rêve de trouver enfin l’issue. « Comment gérer une équipe féminine ? » fait partie de ces sujets qui reviennent très régulièrement sur le devant de la scène et que les journalistes appellent un marronnier.

    Comment allons-nous aborder cette question ?

    Vaste sujet récurrent donc, que je vous propose de traiter en trois temps.

    • Le premier temps qui fait l’objet de ce billet pour tenter de cerner cette question avec votre aide, chers lecteurs.
    • Un deuxième temps d’analyse, là aussi avec vos compléments.
    • Un troisième temps où nous commencerons une liste de préconisations, conseils et suggestions de toutes sortes, liste complétée, rectifiée et toujours enrichie par vous bien sûr.

    Comment manager les femmes ?

    Manager, shutterstock

    Quel sont les constats ?

    Je vois d’ici l’œil aiguisé des hommes qui espèrent enfin comprendre la psychologie féminine et celui des femmes qui guettent le début d’un dérapage sexiste… Voici probablement le principal écueil : dire que les hommes ne comprennent pas la psychologie féminine et que les femmes guettent le sexisme sont deux idées préconçues. Comment parler du management des femmes sans risquer des généralités ou des opinions préétablies ? Je vous propose que nous restions le plus factuel possible et de procéder par constats.

    Premier constat : la question « comment manager ? » est posée pour les femmes, pas pour les hommes.

    Même s’il peut être difficile de manager une équipe exclusivement masculine, les managers – hommes ou femmes – disent dans l’ensemble que « les relations sont plus directes, plus brutales parfois » avec les collaborateurs masculins, mais que « on sait à quoi s’en tenir ». L’affrontement, la recherche de pouvoir et l’intimidation semblent davantage des comportements masculins. La question « Comment manager des hommes ? » paraît donc souvent moins compliquée, comme si le mode d’emploi était fourni d’emblée par les collaborateurs hommes.

    Deuxième constat : la difficulté de manager des femmes est exprimée aussi souvent par des managers hommes que par des managers femmes.

    L’auteur de ces lignes a côtoyé, pendant quelques années, en grand magasin, des chefs de rayon femmes, n’encadrant que des femmes, et se disant parfois aussi désappointées que leurs collègues chefs de rayon hommes, et rêvant d’introduire « un coq dans le poulailler », disaient-elles, faute de trouver de solution satisfaisante.
    Un autre écueil, après celui des idées préconçues, réside dans la définition même de cette question.

    Est-ce vraiment un problème et… qui a le problème ?

    Un problème se définit comme un écart entre une situation donnée et une norme, une référence mais, en l’occurrence, quelle serait cette norme? Le modèle du management traditionnel « masculin » dans lequel on attend des collaborateurs de la conformité, de la rationalité et qu’ils laissent leur intuition et leurs émotions « au vestiaire » de l’entreprise, bref, le modèle qui montre ses limites dans le contexte actuel ? Si l’on s’arrête là, la question « comment manager les femmes ? » reviendrait à « Comment manager des individus qui n’ont pas ces comportements rationnels et conformes ? ». Cette formulation ne convient évidemment pas puisque le vent souffle dans le sens de l’autonomie, de l’initiative, de la prise en compte de la dimension émotionnelle.

    Si la question ne se pose pas ainsi, peut-être faut-il le formuler en comparant les deux populations : « Pourquoi certains managers ont plus de difficultés à manager des femmes que des hommes ? » ou bien « Comment manager des individus montrant des comportements supposés être exclusivement féminins et supposés être inexistants chez les hommes? ». Nouvelle impasse : que fait-on de la part féminine qui réside en chaque homme et, dans ses formulations, qui a le problème ? Le collaborateur…ou le manager ?

    En tentant de creuser la question avec des managers, on entend : « on croit que les problèmes sont réglés et ils ressurgissent », « elles véhiculent des rumeurs », « elles mettent trop d’affect dans ce qu’elles font », « elles sont d’humeur changeante », « elles s’absentent davantage », et d’autres encore.

    Ces récriminations amènent deux commentaires :

    1) Les lecteurs férus de P.N.L. apprécieront les généralisations qu’un questionnement efficace amènerait pour le moins à nuancer :

    • « elles véhiculent des rumeurs », « toutes ? »
    • « elles sont d’humeur changeante », « connaissez-vous des hommes d’humeur changeante ? »
    • « elles s’absentent davantage », « l’absentéisme est-il un phénomène exclusivement féminin ? »

    2) Si l’on reprend ces remarques, la question « Comment manager les femmes ? » reviendrait à :

    • Comment faire en sorte qu’un problème résolu soit perçu comme tel par tous ?
    • Comment combattre les rumeurs ?
    • Qu’est-ce que l’affect et comment le diminuer au travail ?
    • Etc.

    Toutes ces questions, bien qu’intéressantes, ne sont pas satisfaisantes car elles nous éloignent de la question initiale.

    Alors, comment aborder cette question ?

    Je vous propose de nous faire part de la façon dont vous-même formuleriez cette question en écrivant vos commentaires.
    Nous nous donnons ensuite rendez-vous pour le deuxième volet.
    Mesdames, messieurs, à vos claviers !

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    Anne-Katell Il y a 2 années

    Bonjour,
    Votre question m’a tout de suite interpellé et je me suis retouvée dans le camp des femmes qui guettent un dérapage sexiste… mais heureuseument, il n’en est rien et les vraies interrogations sont soulevées.
    Pour moi, la vraie question est : Comment manager la diversité ?
    Non pas au sens diversité des origines géographiques, ethniques… mais diversité des profils qu’une équipe peut compter.
    La question des émotions est probablement le trait qui différencie le plus les hommes et les femmes. Et la difficulté de management de cette partie émotionnelle est avérée, pour les managers hommes comme pour les managers femmes. Mais qui a dit que le management était facile ? L’histoire du management montre qu’il a été confronté à de multiples problématiques qui pouvaient paraître insurmontables et dénuées de sens pour l’époque (gestion des motivations, de la reconnaissance, de la délégation…).
    Il est à noter qu’il est également difficile, en tant que femme, d’être managé par des hommes qui sont quelques peu dépourvus devant notre part émotionnelle, qui peut avoir certes des effets très négatifs et dévastateur dans une équipe, mais qui peut également avoir des impacts positifs très forts dans une équipe et sur sa performance.
    Une étude a montré que les entreprises disposant d’une mixité dans leur conseil d’administration avaient de meilleurs résultats économiques.
    La question qui pourrait alors intéressée les Directions, souvent masculines, est : la prise en compte de la part émotionnelle d’un collaborateur (-rice) ou d’une équipe a –t-elle un intérêt économique ? La performance d’une équipe peut-elle être améliorée ? La performance d’un homme peut-elle également être améliorée ?
    Pour ma part, j’ai une intuition qui me dit que la réponse à ces questions est OUI
    Mais cela reste lié à ma part féminine, alors je reste intéressée par les développements plus rationnels sur la question…
    Anne-Katell

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      Jacques

      Jacques Il y a 2 années

      Oui, la question des émotions est essentielle pour les managers qui ne la considèrent pas encore suffisamment comme une donnée essentielle. Heureusement, de plus en plus, on considère que l’intelligence émotionnelle est une compétence à part entière d’un manager comme l’intelligence situationnelle, technique ou managériale. A développer donc. Merci à vous

    Jean-Pierre Testa

    Jean-Pierre Testa Il y a 2 années

    Bravo pour ce billet qui pose la question sans tomber dans les travers habituels.

    Répondre
      Jacques

      Jacques Il y a 2 années

      Merci Jean-Pierre. On essaye de sortir des sentiers battus.

    Guillaume Il y a 2 années

    bonjour

    Vaste sujet que j’ai la chance de connaître parce qu’on m’a confié des équipes à majorité féminine ou à majorité masculine. Je pense que la problématique est plus liée à ce manque de mixité de l’équipe plutôt qu’une question de genre…
    En effet l’absence de mixité renvoie vite aux stéréotypes misogynes que nous connaissons tous et dans le même temps elle accentue aussi le trait qui tend à prouver que ces stéréotypes sont fondés!
    Ainsi après avoir encadré des équipes composées en majorité de femmes, je me suis réjouis en changeant de secteur d’activité de n’avoir plus que des équipes masculines, fini les tracas…en fait j’ai rencontré autant de problèmes à un détail je n’ai plus entendu de ragots faisant état de promotion canapé 😉 alors que sur le fond il pouvait y en avoir….qui sait ?
    Je vais quand même me risquer à un constat qui va faire rugir mon entourage féminin: il me semble que les femmes sont plus attentives (suspicieuses?) à l’image extérieure que les hommes. J’attribue cela à une tendance éducative qui tend à favoriser « la jalousie ». Ainsi d’une manière générale (j’entends homme ou femme) une femme élégante et plutôt bien faite ne réussit pas que pour des raisons intellectuelles (ou plus insidieux…ils se peut que…) par contre un son double masculin…
    Voilà le débat est lancé

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      Jacques

      Jacques Il y a 2 années

      Merci Guillaume d’avoir lancé le débat. La difficulté est effectivement accrue quand on encadre des équipes exclusivement féminines ou exclusivement masculines. Les collaborateurs s’efforcent-ils alors de répondre aux stéréotypes ? Quant à l’aspect extérieur, j’ai été moi-même très surpris quand j’ai entendu un jour mes collaboratrices dire qu’elles savaient quand elles pouvaient parler – ou non – à leur ancien manager en fonction de la couleur de sa cravate. Depuis, j’ai essayé de mieux repérer l’état vestimentaire de mes interlocuteurs pour voir s’il y avait corrélation avec leur humeur. Hum… j’ai des progrès à faire.

    Estelle Il y a 2 années

    Bonjour, et merci beaucoup pour ce billet.
    Comme Anne-Katell, je guettais le dérapage et il n’en est rien !. Pour ma part, je fais partie d’une équipe masculine … je suis la seule femme et je manage une équipe 100% féminine … et quel plaisir !!
    Je pense effectivement que ce qui peut nous différencier est la gestion des émotions. Je suis pour ma part convaincue que la prise en compte de l’individu dans son ensemble, permet de manager et d’être manager dans de meilleures conditions. Permettre à chacun de trouver son équilibre tout en conservant l’équité dans l’équipe, voilà le challenge, mais qui a dit que manager des personnes était facile ? Mais c’est tellement passionnant !!!

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      Jacques

      Jacques Il y a 2 années

      Merci Estelle. Trouver l’équilibre entre équité et adaptation individuelle, voilà sûrement une clé importante pour tout manager quelle que soit la différence en question : sexe, âge, compétence, etc.

    9vies Il y a 2 années

    Beau sujet, pas facile et effectivement qui peut faire peur (coté stéréotypes…)
    Ma première réponse est plutôt : comment manager « tout court » ?
    – se positionner comme référent/ demander à son équipe ce qu’elle attend de vous
    – ne pas avoir de chouchou
    – éviter les blagues sexistes ou raciste ou tout élément se voulant de l’humour mais pouvant blesser n’importe qui de l’équipe (pas si facile du tout)
    – cadrer les horaires de travail (les mère et les pères de famille un minimul impliqué et les soutiens de familles ou ceux qui veulent avoir un équilibre dans leur vie vous en remercieront)
    – fixer des objectifs de groupe et individuels clairs
    – avoir des fiches de postes qui définisse les responsabilités de chacun
    – faire des feed-back réguliers

    >> tout ce qui est de la rumeur, du stress, des émotions sont souvent des choses non dites.
    Attention, stéréotypes?
    Une femme va aller pleurer un coup aux toilettes, si cela arrive une fois, il est probable qu’elle sera contente qu’on fasse ‘comme si de rien n’était’ > si cela est récurent, il y a lieu d’en parler, et non pas que tous regardent leur chaussures et ignorent. Idem pour un homme d’ailleurs.
    Un homme prend sur lui et ne dit rien> il en peut-etre en train de développer un ulcère ou sa future attaque cardiaque car il prend peut-être trop sur lui et ne s’autorise pas ces fameuses émotions.
    Alors, stéréotypes? Peut-être, mais pas que.
    Donc, être présent régulièrement: favoriser un climat de dialogue et percer le plus vite possible s’il y a un abcès. S’interdire de rire, dénigrer, nier la souffrance ou l’incompréhension (de n’importe quel coté).
    Eviter les message « Tu » (voir la com non violente): exemple: Comment, depuis le temps que tu es là, tu ne sais pas ça…? Tu m’inquiètes si tu ne sais pas…. » Qui sont des freins à la communication en général.

    Je ne pense pas qu’on ai besoin en tant que femme d’être managée « différemment », plutot que l’on soit tous acceptés dans notre différence (lui est plutot timide, elle est plutot extravertie, etc > ok mais le boulot est fait). Mais être managés tout court, aujourd’hui c’est déjà un grand challenge.

    Après, c’est peut-être d’accompagnement différencié dont on a tous besoin: si on détecte qu’un collaborateur se met des barrières (cette jeune femme brillante ne demande jamais rien, mais ce garçon expert timide non plus) > là peut-être qu’il faut aller vers eux pour les aider à sortir de leur bulle, progresser, etc.

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      Jacques

      Jacques Il y a 2 années

      Bravo « 9vies » pour la délicatesse de vos propos notamment en rappelant qu’il est interdit de rire, de dénigrer, de se moquer, même gentiment, de telle ou telle particularité. Même s’il s’agit de stéréotypes, on dit le plus souvent que les femmes expriment leurs émotions et que les hommes préfèrent ne rien dire, quitte à développer un ulcère, comme vous le dites. Favoriser un climat de dialogue pour entendre chacun, bien d’accord avec vous. Nous reprendrons quelques unes de vos pistes dans nos futurs articles. Merci beaucoup pour votre contribution.

    Valérie Moissonnier Il y a 2 années

    Comment manager les femmes ? Comme les Hommes ! J’adore votre question car en effet elle pose la question de la diversité, je dirais plutôt de la personnalité de tout être humain. Savoir que les hommes se posent cette question est vraiment rassurant. Hé oui, les femmes sont maintenant dans tous les secteurs d’activité, dans de plus nombreuses professions et arrivent à des postes de direction. Alors comment les manager ? En développant votre côté féminin…. Comment ? En vous formant à l’écoute, en développant votre savoir être, en participant à un séminaire de ProcessCom. Vous y découvrirez que le profil de personnalité Empathique est féminin à 75 % et que le profil travaillomane est masculin à 75 % . Alors comment faire ? En apprenant à utiliser d’autres canaux de communication que le vôtre, vous pourrez mieux faire passer vos messages, êtres plus en phase avec l’ensemble de vos collaborateurs hommes comme femmes. Vous découvrirez quels sont leurs besoins et comment les nourrir pour mieux les motiver. Messieurs, ils ne vous restent plus qu’à bloquer 4 jours dans votre agenda pour enfin comprendre, les séniors, les jeunes et les FEMMES ! Votre femme, vos enfants, votre manager et pourquoi pas la concierge !!! Mettre dans votre boite à outils du manager le SAVOIR ETRE à côtés de vos SAVOIR FAIRE est une excellente résolution pour 2015. Je vous souhaite une excellente formation.

    Répondre
      Jacques

      Jacques Il y a 2 années

      Si je ne l’avais déjà suivie, je m’inscrirais tout de suite à cette formation ! Bravo pour votre enthousiasme !

    Belouar Nahla Il y a 2 années

    Oui j’ai guetté le dérapage sexiste…….sans rien constater de tel……heureusement.
    En tant que femme, bienveillante envers la femme, j’ai voulu à un moment de ma carrière gérer une équipe féminine afin de démontrer la haute performance féminine……et aux premières semaines je me posais déjà de vraies questions sur ce choix que j’ai fait, tant je me confrontai à des difficultés « particulièrement normales » : jalousies, provocations, paresse, retards,…etc. Mais dont je pensais les femmes au dessus une fois « entre elles » au nom de la solidarité féminine.
    Il est vrai que je me demande parfois, encore aujourd’hui comment la situation pouvait-elle être mieux gérée.
    En même temps, et en ce qui me concerne, je ne trouve pas que les émotions soient plus présentes chez les femmes que chez les hommes
    J’ai très sincèrement vu pleurer plus d’hommes dans mon bureau, que de femmes.
    Et la question de dire « comment gérer des femmes pour augmenter la performance » me parait d’un côté utile et intelligente, et en même temps m’inquiète quelque peu…….. « ça doit être ma féminité qui fait cette dualité 😉 »
    En effet, poser la question de cette manière nous amènerait encore une fois à faire un pas vers l’humain pour des raisons financières et pas pour des raisons de « de prise en compte de l’autre »
    Donc, pour moi il est difficile de trouver comment formuler cette question.
    Je dirai « Comment réussir à être leader d’une équipe féminine »

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      Jacques

      Jacques Il y a 2 années

      « Comment réussir à être leader d’une équipe féminine », voilà un titre bien intéressant et qui éviterait le côté un peu trop provocateur (et que certaines ont trouvé irritant) « Comment manager les femmes ? ». Cependant, l’attention risque d’être porté exclusivement sur le manager alors que dans la question initiale on insiste plus sur comment répondre aux besoins spécifiques (s’il y en a ?) des collaboratrices. Décidément, c’est un sujet vraiment délicat…. Merci beaucoup pour votre apport.

    Marie LESGOURGUES Il y a 2 années

    Bonjour,
    Je fais partie des gens (des femmes) qui pensent que le simple fait de poser la question est déjà sexiste. Pour moi il n’y a qu’une question : comment manager ?
    J’ai à faire à une équipe mixte et je manage tout le monde de la même façon, en essayant de tenir compte des particularités de chacun(e) parmi lesquelles le genre ne fait pas partie. Les caractéristiques que je relève sont : les sources de motivation des personnes, leurs sources d’angoisse, leurs compétences, leurs situations contexto-temporelles (enfants, divorces, deuils, …), leurs désirs d’évolution, les problèmes qu’ils rencontrent dans leur travail et leur propre façon de réagir à tout cela. A aucun moment je ne me dis il ou elle réagit comme cela parce que c’est un homme ou parce que c’est une femme. Mais je devrais peut-être …

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      Jacques

      Jacques Il y a 2 années

      Bravo pour votre façon très impartiale et équilibrée de manager ainsi. L’intention de la question de départ se veut simplement d’être le relais de certains managers qui se trouvent démunis, voire désemparés (parce qu’inhabitués peut-être ?) sur la façon de manager quand ils se retrouvent face à une équipe féminine. Je pense que la même question peut se poser quand on se retrouve face à une équipe masculine, mais je ne l’ai personnellement jamais entendue. Le désarroi d’un manager homme face à des collaboratrices est-il plus grand que celui d’une manager femme face à des collaborateurs hommes ? Peut-être…

    isabelle Il y a 2 années

    Le management exercé par une femme est-il différent d’un management exercé par une homme?

    Aucune étude scientifiques n’atteste qu’il y ait une spécificité du management au féminin. Pourtant, le sens commun nous fait dire « que ce n’est pas pareil » d’être manager par un homme ou par une femme. Et les très nombreux articles sur le sujet parus dans les business magasines l’affirment également. Il est d’ailleurs curieux de remarquer que ces articles sont presque tous écrits par des hommes…

    Une réponse peut être apportées par Vandana Shiva. Depuis des décennie, cette scientifique militante harcèle sans répit les multinationales agro-alimentaires pour sauver les petits producteurs de son pays, l’Inde. Elle prône également l’éco-féminisme en posant les principes de féminin et de masculin.

    Elle s’appuie sur le constat que le capitalisme patriarcal a imposé partout le même modèle, celui de la domination. Des principes masculins sont érigés comme des règles: être riche, conquérir des marchés, écraser son ennemi, dompter les éléments. Pour résister à cette culture, il faut promouvoir une société basée sur d’autres valeurs, féminines: la coopération, l’attention à autrui, la non violence.

    Mais ces valeurs ne sont pas spécifiques à un sexe. Historiquement, les femmes ont été cantonnées dans des rôles d’attention à autrui, d’attention aux enfants, ce qui n’est pas inné. Martin Luther King, Nelson Mandela ou Gandhi (qui disait « une prière par jour m’aide à me sentir plus femme ») ont défendu les valeurs féminines au 20° siècle, et pourtant, ce ne sont pas des femmes.

    Si nous adaptons les propos de Vandana Shiva, il n’y a pas de management au féminin. , Mais il existe un management féminin, centré sur la coopération. qui peut être exercé aussi bien par une femme que par un homme.

    Répondre
      Jacques

      Jacques Il y a 2 années

      Manager au féminin est effectivement un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre et cela pourra peut-être faire l’objet d’un prochain article dans ce blog. Même s’il y a beaucoup d’enseignements à tirer de ce sujet, nous nous intéressons plutôt ici aux managers (homme ou femme) qui ont quelquefois des difficultés à manager des collaboratrices. Je suis sûr que bon nombre de pratiques que vous citez sont à reprendre pour ces managers, nous en reparlerons, notamment la coopération et les valeurs, deux points clés que vous évoquez. Merci pour votre apport

      Isabelle Il y a 2 années

      Je suis OK sur cette différence Homme – Femme dans nos vies courantes.
      Dans le monde des entreprises, pour ma part, je ne trouve pas dans les managers femmes cette « douceur » plébiscitée. Je retrouve bien l’adversité très masculine chez les femmes dirigeantes.

    holie Il y a 2 années

    Je poserai de manière plus large la question : comment travailler dans la diversité ?
    Homme femme, est un angle de la diversité, Pour moi il en existe d’autres. Plus largement : se pose la question de toutes les formes de différence.
    Nous avons eu un XX° siècle qui a rationnalisé, jusque les standards des individus. Le XXI siècle est dans un enjeu de diversité et donc d’accepter la différence au lieu de la modeler vers une uniformisation.
    Nous avons encore pas mal à travailler, pour preuve ce questionnement qui un jour n’en sera plus un. Peut être ?

    Répondre
      Jacques

      Jacques Il y a 2 années

      Tout à fait d’accord sur la diversité. Sur l’importance de cette diversité : si l’on se ressemblait tous, où serait la richesse ? la remise en question et la créativité ? et on pourrait tout à fait imaginer des articles sur « Comment manager les… jeunes, les vieux, les Bac + 10, les Bac – 10 et toutes les cultures différentes… manager les chinois, les anglais, les … je crois que cela pourrait nous donner beaucoup d’idées. Merci

    Corgier Maria Il y a 2 années

    Comment reprendre un management d’une équipe féminine, qui n’en ait plus une car devenue individualiste et stratège dans les rumeurs, après une suite d’années dans un management du ‘diviser pour mieux régner’ ainsi qu’une autorité manipulatrice tombé dans l’humiliation automatique des collaboratrices qui au finale ne se sentaient pas, non seulement, reconnues mais aussi diminuées psychologiquement et physiquement?
    Il m’a fallu un peu plus de 8 mois pour arriver à remotiver et impliquer chaque membre de l’équipe en passant par une méthode de travail psychologique de fond mais encore beaucoup de travail reste à faire notamment sur les sujets tels que, les rumeurs et manipulations auxquelles l’équipe, si longtemps assujettie, a du mal à se défaire!!
    Si vous avez quelques suggestions, je suis ouvertes à toutes propositions susceptibles de m’aider et surtout m’aider à reconstruire une équipe soudée et confiante en elle.
    Merci

    Répondre
      Jacques

      Jacques Il y a 2 années

      Tout d’abord bravo d’avoir réussi à remotiver une équipe en 8 mois alors qu’elle semblait être arrivée à un état de « détresse » importante. Cela montre à quel point le mauvais management peut créer des dégâts importants. Le Royaume Uni vient de décréter qu’il est possible de porter plainte contre des parents pour maltraitance psychologique sur enfants. Pourquoi ne pas faire la même chose contre des managers qui pratiquent « l’humiliation automatique » dont vous parlez, ce serait une avancée !
      Quant à votre demande d’aide, j’espère que vous continuerez à renforcer cette consolidation psychologique dont elles ont besoin. Mais il faudra sûrement encore de nombreux mois pour estomper les traces laissées sur des personnes qui peuvent se dire à l’occasion de n’importe quelle réorganisation « pourvu que cela ne recommence pas ! ». J’espère que d’autres lecteurs vont vous répondre. Bonne continuation.

      Corgier Maria Il y a 2 années

      Merci Jacques de votre soutien et oui je sais qu’il me faudra encore beaucoup de temps avant que ne s’estompe les stigmates du passé!!
      Il me faut beaucoup prendre sur moi pour, parfois, ne pas craquer ou m’emporter car bien évidemment, cela m’affecte aussi bien physiquement que psychologiquement.
      Ayant moi-même subit par le passé un harcèlement moral, je suis à même de pouvoir savoir quel est le ressenti mais surtout le devenir si on se retrouve seule face à cela et surtout ce qui en découle!
      Pour le dépôt de plainte, il est trop tard et la personne étant, à ce jour malade, je sais par avance que personne ne voudra se replonger dedans ni même en parler sans culpabilisé, ce qui en rajouterait à leur malaise profond et je ne crois pas que cela les aiderais plus, bien au contraire.
      Je ne désespère pas mais je sais par avance qu’il me faudra patience et beaucoup de compréhension en somme, une poigne de fer dans un gant de velours pour faire avancer dans le positif toute l’équipe et rassurer par la même, notre employeur tout en lui donnant satisfaction.
      bonne soirée

    Mathias Meyer Il y a 2 années

    Bonjour,

    J´aimerais beaucoup lire la suite de l´article, où puis je la trouver?

    Merci!

    Mathias Meyer

    Répondre

    9vies Il y a 2 années

    Je reviens sur ce sujet, et cela me rappelle des réflexions déjà vues dans certains séminaires (je ne me souviens pas précisément, désolée).
    Ce sujet rejoint celui que cherche aujourd’hui la société entre la part d’inné et d’acquis dans la différence homme/femme. Quel part est déjà présente? Quelle part a été acquise via l’éducation, la socialisation, etc.
    A 7 ans je vois déjà le regard que mon fils porte sur les filles et les garçons, et ce n’est pas celui qu’il avait 2 ans avant. Le regard des autres est plus fort. Mais il joue avec quelques filles « bizarres » notamment celles qui jouent « comme les garçons ». Ma fille qui elle aime taper dans un ballon et s’en fichait de la couleur marron de ses sandales se prend des réflexions comme quoi elle serait un garçon (??).
    Je reviens au sujet: a priori on apprend (apprenait? je ne suis pas sure que ça soit toujours vrai) des choses de ce genre: « on ne tape pas sur les filles ». C’est plutôt une bonne chose a priori, mais cela exclue les filles de la compétition avec les garçons. Les garçons apprennent à se comparer entre eux, à relever des défis, et si il y a un gagnant, on reste tous bons copains (normalement, en tout cas, c’est ce que l’on encourage). On encourage plutot les filles à être jolies, à rester calme, à ne pas jouer avec les garçons (bagarreurs ;). Dire que plus tard ils devront tous travailler ensemble! (en tout cas, dans notre société c’est comme cela)
    On retrouvera les relations filles-garçons à l’adolescence mais avec d’autres enjeux!
    Bon, moralité (attention stéréotypes! ou juste images mentales forte): le problème est qu’a priori les hommes ne sont pas préparés forcément à travailler avec des femmes, mais à rester entre eux. Les femmes sont soit: la compagne, la mère, la fille, la soeur, mais pas la « partenaire » au sein d’une équipe. Si elle fait une erreur > comme lui dire? (va-t-elle crier? pleurer? – comme ma petite soeur?). Elle est énervée? ce sont les hormones?
    Les femmes ne sont pas forcément plus à l’aise: elles ne savent généralement pas revendiquer les succès, se réjouir autant d’un objectif atteint, etc. (ajoutons le problème: La bonne camaraderie cache-t-elle autre chose?)
    Une bonne chose: cela évolue! La preuve: le fait d’en parler et de se poser des questions.

    Répondre
      Jacques

      Jacques Il y a 2 années

      Bonjour 9vies. Votre commentaire me parait être une bonne façon d’illustrer que ces différences hommes-femmes sont largement conditionnées très jeunes dans notre éducation, notre entourage…. mais pas seulement ! Nos opinions évoluent à 7 ans, 15 ans, 20 ans, 40 ans, etc… Heureusement que nous avons toujours le choix, en tant qu’adultes, de continuer de nous laisser bercer par des opinions toutes faites rassurantes ou bien de les remettre en question avec les changements personnels que cela peut provoquer. Et il est quelquefois aussi difficile de changer à 10 ans ou à 60 ans !
      Cependant, de nombreuses expériences ont été menées montrant clairement que les petits garçons préfèrent jouer avec des voitures et les petites filles avec des poupées, et cela très précocement et sous de nombreuses latitudes/cultures !
      Le débat est donc loin d’être bouclé.

    Julia Il y a 2 années

    Bonjour,

    Bravo pour ce post (un peu) osé. Je me permets de réagir, bien que ce dernier date de plusieurs mois maintenant.
    La question était, en effet, (volontairement?) maladroite. D’une parce qu’elle rend saillant un trait aussi stéréotypé que le « genre », et laisse sous entendre que le fait d’être une femme… pose problème à certains managers, ou du moins les inquiètent (réaction humaine cependant).

    Est-ce vraiment le fait de ne pas réussir à manager « les femmes » qui est en question= ne pas réussir à intégrer « les femmes » dans une dynamique de groupe performante… ou…Est-ce seulement : ne pas réussir à accepter la différence = « elles sont plus absentes » « elles sont d’humeur changeante ». Parce que ce genre de phrase sonne plus comme des reproches personnels que professionnels.
    Nous serions donc du côté du relationnel pur et simple avec des questions comme « Comment limiter l’impact des stéréotypes dans son style de management? »

    Les commentaires sont tous très intéressants, car ils soulèvent l’éternel question des rôles sociaux hommes/femmes. Isabelle soulève que les femmes dirigeantes ne correspondent pas au stéréotype doux (ou au rôle social « communal ») de la femme.
    Une dirigeante, directrice femme, même aujourd’hui, doit faire face à une réalité : les profils de poste de « pouvoir », de « direction » sont décrits avec beaucoup plus d’attributs masculins que féminins. Celui ou celle qui se verra confier un tel poste, pour être reconnu(e) rapidement comme correspondant(e) à ce dernier devra alors, en quelques sortes se conformer au stéréotype du « Dirigeant »
    Sauf que, la femme qui décide de se conformer à ce dernier, sera dévaluer parce que « pas douce » « pas attentionnée » , bref pas féminine (dans son attitude). Ceci est dû, à une sorte d’incongruence des rôles entre le rôle social de la femme (s’occuper des autres, douce etc, et le stéréotype du chef d’entreprise, très agentique et tourné vers l’action.

    Et en effet, ceci serait en partie dû à notre éducation. D’ailleurs, des initiatives ont été prises afin de lutter contre les stéréotypes des métiers : les girl’s day / boy’s day.

    Pour ce qui est de l’émotion, de la jalousie, des formations existent mais encore faut-il réussir à engager les principaux intéressés dans une démarche de développement personnel. Je comprend qu’il n’est pas facile de gérer les émotions d’une équipe mais il appartient, à mon sens, au manager de créer une cohésion d’équipe et de savoir gérer les éventuels conflits. C’est cette dimension humaine qui vient rajouter du challenge à ce métier si complexe et si enrichissant.
    Le manager ayant au sein de son équipe, des membres protégés par des mesures anti-discrimination ne doit pas oublier d’insister sur ce qui uni l’équipe. Ceci peut être le projet pro en soi mais aussi des intérêts communs, des challenges extra-pro. Les buts supra-ordonnés permettent souvent d’améliorer la coopération, de créer une identité groupale.

    Avec les fortes valeurs comme « diversité », « responsabilité », il faut s’attendre à ce que le rôle du manager soit de plus en plus ancré par une dimension « leadership ». Les équipes seront de plus en plus hétérogènes, il appartiendra à chaque manager d’adopter une démarche axée soit autour du « cultivons nos différences » (pour les équipes créatives par exemple), soit autour du « cultivons nos ressemblances » (pour les équipes beaucoup plus exécutives peut-être) .

    Bonne journée.

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    Marie Il y a 1 année

    Ma difficultes: Être femme dans un univers de femmes de 30 à 60 ans , managéés par des hommes en fin de carrière, de surcroît anciens officiers n ayant auparavant et en général, dirigé que des hommes. Je suis totalement démoralisée , vos avis et / ou conseils, expériences sont les bienvenus.

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      Jacques

      Jacques Il y a 1 année

      Bonjour Marie,
      Tout d’abord, ne restez pas isolée ; cherchez autour de vous si, dans cet univers féminin où vous vivez, d’autres femmes souffrent et/ou peuvent échanger avec vous sur la façon dont elles vivent cette situation.
      Ensuite, repérez quels sont les signes et les faits (paroles, actes, comportements…) qui vous blessent le plus. Cela vous aidera à prendre un peu de distance d’une part et cela vous aidera à évoquer le sujet de façon plus rationnelle avec vos managers hommes d’autre part.
      Il est possible que ces managers ne se rendent pas compte des effets de leurs comportements sur vous. Habitués à donner des ordres (anciens officiers) de façon directe voire abrupte et à être obéis, ils sont peut-être aussi amenés à prendre de moins en moins de « précautions » sur ce qu’ils disent. L’âge venant et les risques étant moindres car proches de la retraite, ils ne « prennent pas de gants » ou de moins en moins. S’ils sont partisans de cette communication directe, ils devraient apprécier votre franchise.

    Virginie Joly Il y a 2 mois

    Question qui peut paraître provocatrice mais qui paraît nécessaire.
    Je me permets ce commentaire, du point de vue « managé » pour en arriver par la suite au sujet du management des femmes.

    Je n’ai jamais managé mais l’ait été à la fois par des hommes, des femmes, des jeunes, des moins jeunes, des nouveaux arrivants ou des vieux de la vieille dans l’entreprise.

    Constat: je suis au regret de dire que les managers femmes ont souvent été une catastrophe: elles connaissaient opérationnellement leur travail, étaient de bonnes techniciennes mais humainement étaient à côté de la plaque. Après 15 ans de carrière, je me pose toujours la question de savoir à quoi cela est dû. J’ai même été victime de harcèlement moral de la part d’une d’elles

    Je travaille actuellement au projet de développement d’un cabinet conseil en organisation et management bienveillant et après maintes lectures, maintes échanges avec des consultants, des salariés, des dirigeants, deux choses sont à prendre en compte: le caractère humain et la place des femmes de manière générale.

    Le caractère humain est l’ensemble des dispositions affectives constantes selon lesquelles un sujet réagit à son milieu et qui composent sa personnalité. Alors oui, chaque managé est différent, un passé que ce soit dans sa vie personnelle ou professionnelle, des émotions diverses. Est ce plus compliqué par conséquent de gérer des femmes que des hommes, A priori non mais si la question se pose, et si comme il a été dit sur ce forum, les choses paraissent plus claires et directes avec des hommes, il n’y a pas de fumée sans feu.
    La question à se poser peut être, est: est-ce plus difficile de gérer une femme quand on est une femme ou quand on est un homme? Les managers homme sont-ils plus sensibles aux émotions de leurs collaboratrices?

    En ce qui me concerne, j’ai toujours senti beaucoup de jalousie, de crainte de la part des responsables. Elles préféraient toutes sans exception les hommes. Quant à mes hiérarchiques de la gente masculine étaient eux plutôt maladroits mais jamais malveillants.

    L’autre aspect, que je développerai moins ici, est la place des femmes à la fois en entreprise et dans la vie privée. Nombre d’études démontrent encore qu’elles ont une charge bien plus importante que leur conjoint dans la gestion de la vie de famille: maison, enfants, couple, vie sociale. Selon l’expression, on ne peut être au champs et à la ville, cette situation a un impact considérable dans la vie professionnelle des femmes. Les exceptions viendront généralement de celles qui décident de ne se consacrer qu’à la vie professionnelle ou celles qui font partie d’un couple aisé permettant une aide régulière à la maison. Les entreprises favorisent encore beaucoup les hommes dans les évolutions de carrière et voilà pourquoi on peut en arriver (ce n’est pas une généralité) à ces comportements négatifs : retards, sournoiseries…Ce constat peut également expliquer le comportement des femmes managers qui ont dû peut être se démener davantage pour avoir ce poste.

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