« Bienvenue en enfer ! »

Par le 10 décembre 2012

Le titre d’un film ? La suite du dernier James Bond ? Un remake de Twilight ? Rien de tout cela ! Il s’agit des paroles d’accueil d’un employé de back office d’une grande banque à l’adresse d’un tout nouvel arrivant dans son service. Humour, certes. Mais la phrase est dite… Alors ?

Bienvenue en enfer

Certains anciens rient jaune. Les plus récents sont franchement hilares. Il y en a même qui en rajoutent.

Le nouveau, déjà passablement mal à l’aise, se demande s’il doit sourire, faire mine d’être décontracté. Il jette un œil vers le manager qui semble légèrement décontenancé, hésitant à dire quelque chose : doit-il, lui aussi, lancer un trait d’humour ou bien redresser la situation « Je vous en prie ! Ne dites pas cela ! » ?

Et vous, managers, comment réagiriez-vous ?

La parole des uns…

La parole qui circule dans un groupe représente bien souvent l’élément essentiel de ce qui s’échange entre ses membres. Elle représente en quelque sorte son identité, sa marque de fabrique. Libre ou contrôlée, spontanée ou encadrée, montante, descendante ou transversale, professionnelle ou émotionnelle, elle est bien souvent tout cela à la fois.

Les paroles permettent à cet ensemble de transmettre les informations utiles aux prises de décision, de préparer des stratégies, d’ajuster des comportements. Elles véhiculent aussi les angoisses des uns et des autres, les joies et les peines. Elles orientent le désordre et les contradictions des pensées et des sentiments pour construire, petit à petit, un tout cohérent et fonctionnel.

Cette dynamique évolue et contribue ainsi à établir au fil du temps une espèce de rituel favorisant ou, au contraire censurant, certaines paroles. C’est ainsi que « Bienvenue en enfer ! » peut être considérée comme une parole inadmissible et choquante ou, à l’opposé, un moyen de décompresser salutaire pour supporter une pression pesante.

Sur le plan individuel, le maniement de la parole est un processus complexe, reflétant les besoins de la personne de plaire, rassurer, séduire. Depuis la première enfance, chacun est amené à ressembler à un modèle et à s’éloigner d’un anti-modèle. Inconsciemment, nous récitons ou reproduisons un rôle dont le texte nous est donné dans les grandes lignes. Nous adoptons un prêt-à-porter, prêt-à-penser, une représentation du monde, nous permettant d’obtenir l’approbation, la considération ou l’amour de ceux vers qui nous souhaitons nous rapprocher.

Le sentiment d’appartenance, la considération d’autrui, la subtilité et la prouesse du mot d’esprit, autant de facteurs de motivation que n’aurait pas désavoués Abraham Maslow !

La parole des autres…

Le même jour de son arrivée, le nouveau venu accompagne son manager à une réunion où l’ensemble des salariés du département sont convoqués. Là, il s’agit d’une toute autre musique. Il entend les mots « conquérir », « cibler », « occuper », « stratégie ». A entendre les différents conférenciers qui se succèdent, il devine des alliances, il pressent des groupes de pression, des réseaux d’influence. Ici, on ne parle pas, on communique. Il sait déjà que s’il apprend le bon langage, s’il comprend les codes, s’il sait les utiliser à bon escient auprès des bonnes personnes, sa promotion sera en bonne voie/voix. Dans cette salle, il voit que le prestige de l’orateur est pesé à l’aune de son pouvoir. Le « winner » est honoré, envié, jalousé !

La complémentarité joue à plein régime : le plaisir des uns de se soumettre et de marcher au pas, ainsi que leur besoin d’être mené par un dirigeant charismatique confortent le plaisir des autres de dominer, de séduire. Les demandes affectives de chacun se retrouvent et se renforcent.

Là aussi, notre recrue regarde discrètement le manager : Vibre-t-il de cette grand’messe ? Paraît-il galvanisé ? La démonstration de force le stimule-t-elle ? Ou bien semble-t-il suivre ces discours comme un spectacle ? Une sorte de pièce de théâtre nécessaire et utile où les rôles ne sont pas tous bien joués ?

Sa parole à soi.

Au fil des semaines et des mois, l’ex-dernier arrivé verra beaucoup d’autres situations qui lui permettront de se faire une opinion… et d’apprendre le bon langage.

Quel sera le bon langage ? Sûrement celui qu’il aura trouvé lui-même, en partie emprunté au langage des collègues mais aussi à celui des dirigeants, à condition que son manager le lui en ait laissé la possibilité, qu’il ait lui-même prouvé qu’il avait lui aussi son propre langage :

  • Un manager attentif à ce que la parole circule, veillant à ce que les membres de l’équipe ne craignent pas de se contredire eux-mêmes et entre eux, la contradiction n’étant pas synonyme de différend,
  • Un manager libéré du goût de dominer, sachant écouter et entendre ce qui n’est pas dit, protégeant l’impertinence dans une certaine limite et aidant son équipe à prendre du recul face à la langue de bois,
  • Un manager sachant traduire les mots des dirigeants pour les rendre moteurs à son équipe.

Acquérir son propre langage, connaître ses penchants pour les chants des sirènes, se laisser imprégner de la musique des mots qui nous réconfortent, qui nous énergisent. Trouver les mots qui nous apprennent en retour à mieux se connaître pour s’épanouir. Fuir les mots qui ne sont pas les nôtres et préférer ceux qui nous font grandir. Les paroles créatrices de soi.

Bienvenue au paradis !

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Isabelle Joré Soler Il y a 8 années

« Toutes mes condoléances. »
C’est par ces mots qu’un nouveau collègue m’a accueilli dans la nouvelle entreprise que je venais d’intégrer. Je suis restée sans mots et sans voix !
J’ai démissionnée 19 mois plus tard…

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Jacques

Jacques Il y a 8 années

Cent maux et cent voies/voix ; 19 mois de purgatoire ! Bravo Isabelle !

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Christiane Isoré Il y a 8 années

Bienvenu en enfer ou toutes mes condoléances, d’accord les mots ont de l’importance, mais, pour moi, le plus important c’est …. l’intonation ! Tous les mots passent quand c’est dit avec humour, gentillesse, avec le sourire. Comment entend-on les mots ? Moi qui suis dans le bâtiment, j’entends toute la journée le mot « putain ! » mais il faut l’entendre « ça alors ! » « c’est pas vrai ! » « pas croyable » ou « mince ! ». Un mot neutre dit d’une voix méchante peut certainement faire plus de mal qu’un mot « méchant » dit d’une voix gentille.
Bravo pour ton commentaire et bon courage pour les Managers.

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Xavier HOREM Il y a 8 années

L’Enfer, le Paradis, sont des notions très évocatrices de lieux que l’on ne connaît pas, puisque, heureusement, nous n’avons pu encore en faire l’expérience.
En dehors de la maladresse de cette personne, qui se voulait probablement accueillante, je trouve cela assez transparent et cet élan de « vérité » assez intéressant.
D’abord, parce que si c’est vraiment l’Enfer, autant que le prétendant à cet enfer soit prévenus, il sera peut-être encore tant de faire machine arrière, ou de s’armer s’il aime le challenge. Donc merci de l’information.
Et toujours dans le registre de l’information, cela donne assez clairement, à celui qui peut le voir, l’état d’esprit qui règne chez celui qui souhaite la « bienvenue en Enfer » (est-ce son ressenti propre ?, ce qu’il fait vivre aux autres ?), chez le manager qui n’ose pas casser cette prédiction souvent autoréalistarice (je t’annonce que ce sera l’Enfer, et tu trouveras à chaque instant des traces de cette vérité) et chez ses futurs collègues qui contre balanceront, ou non, cette affirmation.
Donc, je trouve cela assez révélateur, riche d’information et par conséquent, salutaire.

Puisque l’on parle des mots (des postures, des comportements, etc.) des autres, des siens, des languages, des codes, cela passe par une phase d’apprentissage qui est forcément pleine de remise en cause.
Le rôle du manager dans cette phase d’apprentissage est comme celui d’un parent qui doit fixer le cap, définir les limites, autoriser l’impertinence, mais à condition qu’elle soit pertinente, donc dotée d’une finalité non futile.
« Le véritable maître est celui qui te délivre de toi-même et te délivre de lui-même ». Par extension au sujet, il te donnera ses mots pour que tu construises les tiens.

Bienvenue en Enfer ? Si je suis le diable, cela m’ira très bien 😉

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Xavier Horem Il y a 8 années

Conseil à moi-même : se relire avant de publier pour éviter d’exposer une prose parsemée de fautes …

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Jacques

Jacques Il y a 8 années

Toute parole émise est intéressante car chargée de sens. Xavier, tu as raison de signaler que ces phrases révèlent des informations importantes et, comme dit Christiane, sur quel ton et dans quel contexte elles sont données. Mais comment cette parole est-elle reçue ? C’est là que le manager cautionne ou non le sens véhiculé et peut influencer l’état d’esprit de celui qui arrive ainsi que de ceux qui participent, volontairement ou non, à cet état d’esprit.

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Xavier HOREM Il y a 8 années

C’est juste Jacques, et le rôle du manager doit se situer bien en amont de la parole reçue.
Tu parles de son influence sur l’état d’esprit des uns et des autres. Mais s’il y a un paramètre difficile à maîtriser, c’est bien l’état d’esprit des gens. Car il n’est pas constant, il est fait de hauts et de bas, de bons, de moins bons et tout cela pour le même individu en fonction de son historique ou de son présent, voir du futur qu’il pressent.
Donc ce que je ne peux pas maîtriser en temps réel, sauf à jouer les pompiers et donc contredire (et laisser apparaître un manque d’unité, ce qui lors d’un accueil n’est pas le plus heureux) ou donner une tribune au lanceur du « bienvenue en Enfer » , je l’anticipe et organise l’accueil de celui qui arrive. Je donne le ton, j’harmonise le discours, je fais preuve de l’état d’esprit auquel je souhaite que l’arrivant, comme les autres, adhère. Je redonne du sens à cette démarche.
On connait tous la sentence qui dit que la première impression est toujours la bonne…surtout quand elle est mauvaise 🙂
Garder la maîtrise du sens des paroles données et reçues est nécessaire si l’on veut influencer l’état d’esprit. Et c’est beaucoup d’énergie, mais quelle satisfaction au final.

Bienvenue en Enfer ? L’Enfer était plein, alors je suis venu chez vous 🙂

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Patrick Rémont Il y a 8 années

L’enfer est un mot qui projette aussi dans l’univers de la croyance. Souhaiter la bienvenue dans un tel endroit implique de ce point de vue qu’il y a eu un « avant » ! Celui ou celle qui entend ces mots peut légitimement se demander ce qu’il (elle) a bien pu faire pour mériter cela… ou en déduire qu’il (elle) s’est trompé(e) de porte…
Mais finalement, la vraie question est celle de l’appréciation de la réalité, de la relativité des propos, de la perception instantanée. Il nous manque bien sûr les visages et les expressions des diablotins et de leurs tourmentés pour vraiment se faire une idée.
Après tout, l’enfer n’est-il pas pavé de bonnes intentions ?

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Une illustre anonyme Il y a 8 années

Le « bienvenue en enfer » peut refléter une quantité de choses mais mets bien souvent le manager en cause : une équipe qui estime que son lieu de travail est un enfer est une équipe en souffrance. Que ce soit par le trop plein de travail, les relations tendues entre les divers collaborateurs, les difficultés de l’emploi…
L’Enfer est un mot dur (car il y a également le sens profond des mots) qui reflète énormément de négativité. Dans ce mot, j’entend une souffrance amère.
Quand on parle d’humour, il y a toujours un fond de vérité qui fait grincer des dents.
Sinon l’humour n’aurait pas lieu d’être.
Le nouveau venu est alors accueilli avec soit un secret espoir de dynamique nouvelle, soit avec tension car il n’est pas forcément le sauveur espéré.
Rentrer dans une entreprise avec cet accueil, c’est être en position immédiate de responsabilité dans un climat tendu. Certaines personnes ont les épaules pour porter cette responsabilité, d’autres prendront le parti de ne venir au travail que pour l’alimentaire et ne se soucieront pas de l’environnement et d’autres, bien trop souvent, se sentiront écrasés.
Le travail représente 70 à 80% de la vie éveillée d’un être humain. L’être humain est un système complexe qui a ses propres espoirs, rêves mais aussi craintes et frustrations. Si un manager ne perçoit pas les tensions dans son équipe et qu’il n’y apporte aucune solution alors il n’est pas au bon poste… Et ne sait pas choisir ses collaborateurs pour relancer une dynamique.
Dans la conjoncture économique actuelle, la course à l’emploi est un leitmotiv énorme qui laisse très peu de choix aux personnes. L’entreprise qui broit ses collaborateurs n’est pas juste un mythe. Si les chômeurs sont de plus en plus nombreux, je pense sincérement que ce n’est pas juste une question de fainéantise ou de manque de travail, mais bel et bien le reflet d’un ras le bol massif de n’être qu’un numéro, de la chair à canon, un élément de productivité sans identité…

Être bien au travail n’est pas juste de recevoir un salaire. C’est aussi une relation de tous les jours, un mariage avec des personnes que l’on n’a pas forcément choisi car on passe plus de temps avec ses collégues qu’avec son partenaire de vie.

Pour avoir été accueillie dans diverses entreprises avec des paroles ou des manières d’être semblables, je peux dire que je ne suis jamais restée très longtemps dans ces structures. Au départ, on est plein de bonne volonté, on se dit qu’on a la chance d’avoir un travail… Puis, les jours passant, ça s’amenuise et ne reste que la lie, l’amertume. On dépérit. Essayer d’être un souffle d’air neuf dans un univers vicié, c’est trop pour une seule paire d’épaules. A moins de se sentir une âme de saint ! Et encore…

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Bernie Il y a 8 années

Je me contenterai d’un bref commentaire à propos du « Bienvenue en Enfer ».
Que je trouve grave même déclaré avec humour (?).
Inutile de revenir sur la « première impression », qui chargée d’émotion, laissera des traces.
La question est : quel est l’impact pour le nouvel arrivant lorsque l’on sait à quel point cette impression agit sur la motivation et l’investissement futurs ?

J’imagine qu’il doit penser : « Ai-je choisi la bonne entreprise ? », « Serai-je capable de tenir mon rôle ? » « Suis-je à la hauteur de l’enjeu ? »
Et que dire de sa sécurisation pour ne rester que sur du basique…..
Je me souviens avoir vécu un accueil du même type et, en rentrant chez moi le premier soir, j’envisageais déjà mon départ.
Ce que j’ai fait dans le mois !
Et l’équipe ?
N’est-ce pas l’enfermer dans cet « Enfer » quotidien ?
Va-t-elle l’aider ou l’observer « faire son trou » ?
Je me serais contenté d’un « Bienvenue chez nous ! « . Neutre ET bienveillant.
C’est à lui, le nouveau, de voir avec ses propres critères si c’est vraiment l’Enfer.
La période d’essai est faite aussi pour ça.

Ne pas ou mal accueillir un collaborateur est, pour le Responsable, prendre un risque majeur.
J’ai en mémoire le résultat d’une enquête effectuée il y a quelques années.
Entre la moitié et les ¾ d’un salaire brut annuel, c’est ce que coûte, à l’Entreprise, le départ prématuré d’un nouveau collaborateur.
Ce chiffre couvre les frais de recrutement, le salaire et charges, le temps de formation, etc. Autant dire que les entreprises auraient intérêt à prendre très au sérieux la réussite de leur accueil et programme d’intégration.

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    Open Il y a 5 années

    Croire au Pe8re Noebl ne fait-il pas marcher le comrmece ? La Poste est juste complice d un immense complot orchestre9 par les industries chinoises du jouet afin de faire un max de pe9pettes avant l augmentation de la TVA et du malus e9colo sur les voitures.

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GHESQUIERE Il y a 8 années

Bel encouragement comme le dit Bernie à ce que chaque entreprise
– soigne l’accueil de leur nouvelle recrue
– et inscrive dans leur modèle la logique de parcours long pour ceux qui font le choix de les rejoindre .

Tes deux dernières phrases sont clés de mon point de vue :
Fuir les mots qui ne sont pas les nôtres et préférer ceux qui nous font grandir. Les paroles créatrices de soi.

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BONDEAU Il y a 8 années

Bienvenue en enfer ! Mais qu’est-ce que l’enfer ? Chacun de nous en donnerait une définition différente suivant sa propre imagination.

« Les anciens rient jaune et les plus récents sont franchement hilares », est-ce que cela veut dire dans le cas présent, que plus le temps passe et que l’ancienneté grandit, « l’enfer » prend sa place et que la perception de chacun évolue ?

Par ces mots, l’employé indique l’état d’esprit dans lequel il se trouve personnellement et son ressenti par rapport au service.

Le manager ne doit-il pas en profiter pour mettre en garde le nouveau venu et lui indiquer que s’il veut sortir du lot, il devra choisir et prendre la bonne direction pour y parvenir ? Ne faut-il pas s’appuyer sur ces mots forts de manière à lui faire comprendre qu’il vivra effectivement un véritable « enfer » s’il ne suit pas la direction donnée par l’entreprise ? Direction qui lui sera donnée le jour même à une réunion, « conquérir », « cibler », « occuper », « stratégie ».

Au final, « les anciens rient jaune » n’est-ce pas, parce qu’ils n’ont pas réussi à s’en sortir et « les plus récents sont franchement hilares » n’est-ce pas parce qu’ils pensent encore arriver à passer ce cap et atteindre « le paradis » ?

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Jacques

Jacques Il y a 8 années

@BONDEAU. C’est vrai qu’avec le temps, la perception de chacun évolue. « Les plus récents franchement hilares », je le comprend comme ceux qui apprécient le jeu de mots, en l’occurence l’oxymore, car il frappe les esprits et permet de prendre de la distance.
Quant aux plus anciens, « certains » seulement « rient jaune » car cela évoque avec une pointe de nostalgie leur jeune temps où ils découvraient ce métier, cette organisation, cette pression. On peut y voir une attitude compatissante pour les jeunes. Pour d’autres anciens, apparemment non expressifs, ils peuvent trouver un réel intérêt à leur activité et désapprouver en silence ce « Bienvenue en enfer » ou bien encore se sentir désimpliqués…
On voit bien que de multiples interprétations sont possibles.
Quant au manager qui verrait dans le caractère ictérique du rictus de ses collaborateurs le fait qu’ils n’ont pas réussi à s’en sortir signifie que lui aussi considère son service comme un enfer. Il est temps pour lui de se remettre en question ! Quel espoir ? Quelle vision ?

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Ethan Il y a 8 années

Personnellement un employeur me dit  » Bienvenue en enfer  » au moment de m’accueillir, je lui répond avec le sourire un truc du genre  » J’ai hâte de voir ça de plus prêt « , sur un ton et une intonation du même genre que le sien, un poil tendu vers la neutralité. Après, selon le contexte, on peut tenter de jouer aux malins et de dire un truc du genre  » Appelez moi Dante « , mais c’est un peu risqué je pense…

« Les anciens rient jaune et les plus récents sont franchement hilares »

Si on considère que les anciens ont des problèmes relationnels qui n’ont pas encore affecté les récents, on peut comprendre ce genre de réaction. D’un autre côté, on peut imaginer que les anciens compatissent tandis que les récents se disent que le bizutage est finit pour eux. Quant à ceux qui ne réagissent pas, on n’a qu’a dire qu’ils sont blasés, ou qu’ils trouvent la réflexion sans intérêt…

De mon côté je me souviens d’une phrase que m’a dit mon premier manager.

 » Tu vas bientôt savoir à quelle sauce tu vas être mangé « . Premier contrat d’apprentissage dans une filiale d’un gros groupe. Je dois admettre qu’à l’époque, je me suis contenter d’un sourire et d’un léger haussement de sourcils. A mon avis le but de ce genre de phrase est de tester les réactions pour se faire un premier avis sur la personne qu’on a en face de soit, à chaud.

De toute manière il est clair que l’intonation joue un rôle important, et à mon avis le plus dur quand on est employé et en relation constante avec les autres, c’est d’être capable d’interpréter correctement les messages qu’on veut nous faire passer, et ce de manière quasi instantanée.

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Jacques

Jacques Il y a 8 années

@Ethan,
Voilà maintenant que c’est le manager qui dit « Bienvenue en enfer » !
Ce glissement du collaborateur au manager est peut-être dû à votre expérience de ce manager qui vous a dit « Tu vas bientôt savoir à quelle sauce tu vas être mangé “….
Loin de moi l’idée que lui-même en rajoute. Par contre, ce qu’il me semble important pour un manager c’est d’aider son collaborateur à trouver le langage qui lui permet de s’épanouir le mieux possible en lui souhaitant une réelle et constructive influence sur celui-ci.

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Ivan Il y a 8 années

Accueillir un nouveau collègue par ces termes “Bienvenue en enfer !” et pour le moins curieux, en effet le terme « enfer » fait parti du champ lexical religieux.
Depuis Adam, l’homme est condamner à travailler durement.
par cette exclamation, la place du travail est posé…..est ce le moment ?

Toi mon nouveau collègue que pense tu du travail ?, est ce une malédiction ou le glorifie tu ?
Comment vas tu dans ce groupe déjà structuré trouver ta place ?

….et puis, est aussi posée la question de la place du manager par cette exclamation……..est il Dieu ?

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Jacques

Jacques Il y a 8 années

Comme tous ces commentaires sont intéressants !
L’aspect religieux qui n’a été évoqué que dans le mot « enfer » dans l’article initial a été repris plus ou moins explicitement par la suite. Si on se réfère à ce qui est écrit dans les Evangiles, Jésus est descendu aux Enfers pendant trois jours avant d’être ressuscité.
On peut donc interpréter le « Bienvenue en Enfer » par « Bienvenue dans l’ultime souffrance qui va te permettre de renaitre en homme nouveau » ; ne faut-il pas mourrir pour renaître ?
Mais puisqu’il s’agit d’un blog sur le management et non d’un blog sur les croyances religieuses, je souhaite revenir sur le rôle du manager par rapport à la circulation de la parole. Dans une relation d’autorité comme pourrait l’être celle d’un maître et du disciple, l’action du manager est primordiale. C’est dès son arrivée que le collaborateur va façonner peu à peu son comportement pour le coller plus ou moins bien au comportement attendu. Encore faut-il que le manager donne dans un premier temps le cadre de ce qu’il attend puis qu’il laisse, en fonction de l’évolution du collobrateur, de l’initiative, du droit à l’erreur, du droit de tâtonner et de ne pas être aussi productif que les anciens mais aussi du droit (et du devoir) d’apporter ce que les autres n’ont pas. Et c’est ainsi qu’il va l’inviter à prendre sa place, sa vraie place, par des paroles qui lui seront uniques, des paroles créatrices de soi. Merci à IVAN (et d’autres aussi) d’avoir réagi sur les premiers mots. Merci à GHESQUIERE d’avoir réagi sur les derniers mots, (là où était mon intention de départ).
Quelle belle illustration des effets de primauté et de récence !

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    Amine Il y a 5 années

    Bonjour e0 vous, nous aimerions saoivr avec quel compagnie de vol vous partez pour Paris? Nous avons les meame dates de vol et nous avons eue des proble8mes avec air transat aujourd’hui. Nous avons e9te9 oblige9 de canceller le vol et de re9server avec Air Canada. On attends de vos nouvelles ! c9quipage #306

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Paul Siboun Il y a 8 années

« Bienvenue en enfer! » me fait penser d’abord à « Die hard » avec Bruce Willis…

Seulement, la réalité est toute autre:
– Nous ne sommes ni dans un film, ni dans une pièce de théâtre !
– Nous sommes dans le monde réel, dans la réalité de l’entreprise (de certaines…).

Nous Managers, nous devons intervenir pour endiguer ces propos. Si nous laissons faire, très rapidement, « les mots entraîneront des maux ».

Les premiers mots ont une importance capitale. Ils véhiculent énormément de choses. c’est à la fois du domaine des choses dîtes et de celui du non-dit. A fortiori, les mots de l’accueil ! ! !

Alors, comme le dit Jacques, sachons trouver nos propres mots, ceux-là même qui accueilleront les nouveaux et entraîneront nos équipes de façon positive et soyons-en sûrs, dans un état d’esprit positif.

Comme le fait remarquer Xavier, ce travail, ce « tissage » (une maille à l’endroit, une maille à l’enfer) nécessite beaucoup d’énergie. Mais je suis sûr que le jeu en vaut la chandelle.

A méditer: « Tu auras une parole impeccable » qui est l’un des 4 accords Toltèques dont je recommande la lecture. Cultivons donc notre BIENVEILLANCE

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Jacques

Jacques Il y a 8 années

@Paul. Oui, nos mots sont porteurs d’une incroyable énergie… encore plus les mots d’accueil ! Tout-à-fait d’accord.
Je ne résiste pas au plaisir de me remémorer les trois autres accords Toltèques :
– Faire toujours de son mieux, même si le « mieux » n’est pas le « meilleur »
– Ne jamais prêter d’intention aux autres et
– Quoiqu’il arrive, ne jamais en faire une affaire personnelle.
Beaucoup de sagesse avec ces 4 accords.

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