Comment manager les femmes ?

Par le 30 mars 2015

Dans les discussions entre managers, certains sujets reviennent inexorablement comme des interrogations récurrentes, incontournables, quasi universelles, difficiles à résoudre, comme si ces sujets n’avaient pas de solution, ou pas de solution durable, mais dont chacun rêve de trouver enfin l’issue. « Comment gérer une équipe féminine ? » fait partie de ces sujets qui reviennent très régulièrement sur le devant de la scène et que les journalistes appellent un marronnier.

Comment allons-nous aborder cette question ?

Vaste sujet récurrent donc, que je vous propose de traiter en trois temps.

  • Le premier temps qui fait l’objet de ce billet pour tenter de cerner cette question avec votre aide, chers lecteurs.
  • Un deuxième temps d’analyse, là aussi avec vos compléments.
  • Un troisième temps où nous commencerons une liste de préconisations, conseils et suggestions de toutes sortes, liste complétée, rectifiée et toujours enrichie par vous bien sûr.

Comment manager les femmes ?

© Shutterstock

Quel sont les constats ?

Je vois d’ici l’œil aiguisé des hommes qui espèrent enfin comprendre la psychologie féminine et celui des femmes qui guettent le début d’un dérapage sexiste… Voici probablement le principal écueil : dire que les hommes ne comprennent pas la psychologie féminine et que les femmes guettent le sexisme sont deux idées préconçues. Comment parler du management des femmes sans risquer des généralités ou des opinions préétablies ? Je vous propose que nous restions le plus factuel possible et de procéder par constats.

Premier constat : la question « comment manager ? » est posée pour les femmes, pas pour les hommes.

Même s’il peut être difficile de manager une équipe exclusivement masculine, les managers – hommes ou femmes – disent dans l’ensemble que « les relations sont plus directes, plus brutales parfois » avec les collaborateurs masculins, mais que « on sait à quoi s’en tenir ». L’affrontement, la recherche de pouvoir et l’intimidation semblent davantage des comportements masculins. La question « Comment manager des hommes ? » paraît donc souvent moins compliquée, comme si le mode d’emploi était fourni d’emblée par les collaborateurs hommes.

Deuxième constat : la difficulté de manager des femmes est exprimée aussi souvent par des managers hommes que par des managers femmes.

L’auteur de ces lignes a côtoyé, pendant quelques années, en grand magasin, des chefs de rayon femmes, n’encadrant que des femmes, et se disant parfois aussi désappointées que leurs collègues chefs de rayon hommes, et rêvant d’introduire « un coq dans le poulailler », disaient-elles, faute de trouver de solution satisfaisante.
Un autre écueil, après celui des idées préconçues, réside dans la définition même de cette question.

Est-ce vraiment un problème et… qui a le problème ?

Un problème se définit comme un écart entre une situation donnée et une norme, une référence mais, en l’occurrence, quelle serait cette norme? Le modèle du management traditionnel « masculin » dans lequel on attend des collaborateurs de la conformité, de la rationalité et qu’ils laissent leur intuition et leurs émotions « au vestiaire » de l’entreprise, bref, le modèle qui montre ses limites dans le contexte actuel ? Si l’on s’arrête là, la question « comment manager les femmes ? » reviendrait à « Comment manager des individus qui n’ont pas ces comportements rationnels et conformes ? ». Cette formulation ne convient évidemment pas puisque le vent souffle dans le sens de l’autonomie, de l’initiative, de la prise en compte de la dimension émotionnelle.

Si la question ne se pose pas ainsi, peut-être faut-il le formuler en comparant les deux populations : « Pourquoi certains managers ont plus de difficultés à manager des femmes que des hommes ? » ou bien « Comment manager des individus montrant des comportements supposés être exclusivement féminins et supposés être inexistants chez les hommes? ». Nouvelle impasse : que fait-on de la part féminine qui réside en chaque homme et, dans ses formulations, qui a le problème ? Le collaborateur…ou le manager ?

En tentant de creuser la question avec des managers, on entend : « on croit que les problèmes sont réglés et ils ressurgissent », « elles véhiculent des rumeurs », « elles mettent trop d’affect dans ce qu’elles font », « elles sont d’humeur changeante », « elles s’absentent davantage », et d’autres encore.

Ces récriminations amènent deux commentaires :

1) Les lecteurs férus de P.N.L. apprécieront les généralisations qu’un questionnement efficace amènerait pour le moins à nuancer :

  • « elles véhiculent des rumeurs », « toutes ? »
  • « elles sont d’humeur changeante », « connaissez-vous des hommes d’humeur changeante ? »
  • « elles s’absentent davantage », « l’absentéisme est-il un phénomène exclusivement féminin ? »

2) Si l’on reprend ces remarques, la question « Comment manager les femmes ? » reviendrait à :

  • Comment faire en sorte qu’un problème résolu soit perçu comme tel par tous ?
  • Comment combattre les rumeurs ?
  • Qu’est-ce que l’affect et comment le diminuer au travail ?
  • Etc.

Toutes ces questions, bien qu’intéressantes, ne sont pas satisfaisantes car elles nous éloignent de la question initiale.

Alors, comment aborder cette question ?

Je vous propose de nous faire part de la façon dont vous-même formuleriez cette question en écrivant vos commentaires.
Nous nous donnons ensuite rendez-vous pour le deuxième volet.
Mesdames, messieurs, à vos claviers !

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Flora Il y a 11 mois

Super votre article.
J’ai trouvé un moyen mnémotechnique pour me souvenir. il faut passer de PAM (Passivité agressivité manipulation) à HAA (humour assertivité anticipation)
Comme ça en cas de situation difficile cela me demandera de retrouver cela dans ma mémoire et du coup cela m’évitera de partir ds l’agressivité, un vieux réflexe qui n’apporte pas grand chose
Merci

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Matthieu Il y a 10 mois

Un article bien écrit !
Dans une situation difficile on a tendance à réagir différemment par rapport à d’habitude, c’est le mauvais effet du stress.
Il faut donc déjà se connaître dans ces situations-là !
Et ensuite se mettre dans une position de revenir à son état nominal : méditation, activité physique, un bon repas, etc..
Dans tous les cas, il faut rester le moins longtemps possible dans son état critique !

http://simplementdanslebonsens.wordpress.com

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CHAZOULE Il y a 9 mois

Bonjour Flora,
merci pour cette astuce de mémorisation très judicieuse

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